Le cancer du poumon a tué 5000 Québécois en 2016

Plus de 5000 Québécois sont morts des suites d'un cancer du poumon causé par le tabagisme en 2016 - soit environ 14 patients par jour -, ce qui équivaut «à la tragédie de Lac-Mégantic chaque trois jours», a illustré le docteur Martin A. Champagne, président de l'Association des médecins hématologues et oncologues du Québec.
«Fumer, c'est se promener avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Si on est atteint, ça va être épouvantable, ça va être une maladie terrible pour soi, et pour ses proches», a expliqué Mario Bujold, directeur général du Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS).
L'organisme a dévoilé ces données dimanche, alors que s'amorce la Semaine pour un Québec sans tabac. Lors de cette campagne, il tentera de rappeler les dangers du tabac, qui sont parfois minimisés, selon M. Bujold.
«Ce n'est pas pour faire peur, c'est pour simplement dire ce que c'est», a-t-il fait valoir.
Il reste encore quelque 1,4 million de fumeurs au Québec qui jouent «à une loterie à laquelle ils ont beaucoup de chance de perdre», selon M. Bujold.
Le cancer du poumon est plus meurtrier que les cancers du sein, de la prostate et du côlon combinés. Le CQTS estime que le cancer tue un fumeur sur deux.
Selon le docteur Champagne, dans beaucoup de cas, lorsque le cancer est diagnostiqué, il est inopérable et la guérison n'est pas envisageable.
Lorsque le cancer du poumon a développé des métastases, la survie des patients est évaluée à 14 mois seulement, et ce, même lorsqu'ils reçoivent des traitements.
«Quand vous voyez une tumeur qui mesure la grosseur d'un pois chiche, il y a déjà un milliard de cellules là-dedans. Alors c'est déjà tardif dans l'évolution d'un cancer. Même quand vous avez de toute évidence un cancer localisé, il y a quand même un patient sur cinq qui va rechuter», a-t-il précisé.
«Jamais trop tard»
Le docteur Champagne a tenu à souligner qu'il n'est «jamais trop tard» pour arrêter de fumer, même pour des personnes qui consomment plusieurs paquets par jour depuis des années.
«On ne récupérera jamais de tous les dommages qui ont pu être induits, mais on va améliorer sa santé. On va l'améliorer sur plusieurs aspects, du point de vue de la capacité respiratoire, du point de vue de la qualité de vie, on va réduire son risque, on va améliorer les choses», a-t-il expliqué.
«Le tabagisme n'est pas une fatalité, on peut arrêter de fumer avant qu'il ne soit trop tard», a-t-il ajouté.
Selon la Société canadienne du cancer, 8600 Québécois recevront un diagnostic de cancer du poumon cette année et 6500 succomberont à leur maladie. Le tabagisme est à l'origine de 85 pour cent des cas de cancer du poumon.