Selon les données du CHU de Québec, on comptait en date de dimanche soir quelque 180 patients qui continuaient d’occuper un lit dans un établissement même s’ils ne requièrent plus les soins qui y sont fournis. Cette situation a un effet direct sur la planification des chirurgies.

La pression sur les lits affecte les chirurgies dans les hôpitaux du CHU de Québec

La présence de patients qui occupent des lits dans les hôpitaux du CHU de Québec en attendant un service ou une ressource du CIUSSS de la Capitale-Nationale a un effet sur le calendrier des chirurgies, a appris Le Soleil.

Selon les données transmises par le CHU de Québec, on comptait en date de dimanche soir quelque 180 patients en attente de niveau de soins alternatif (NSA). Les patients dits «NSA» décrivent les personnes qui continuent d’occuper un lit dans un établissement même si elles ne requièrent plus les soins qui y sont fournis. 

De ce nombre, 87 patients dont l’état ne permet pas dans l’immédiat un retour à domicile étaient en attente d’une évaluation du CIUSSS de la Capitale-Nationale afin d’être réorientés vers le bon service ou la bonne ressource. 

Toujours en date de dimanche soir, 79 patients occupaient un lit dans un des cinq hôpitaux du CHU de Québec en attendant d’avoir des soins à domicile adaptés à leur condition ou d’être redirigés vers une ressource en réadaptation et convalescence, une ressource intermédiaire, un CHSLD ou une ressource de type familial. 

La présence de patients qui ne nécessitent plus de soins actifs à l’hôpital, mais qui y occupent un lit en attendant les services du CIUSSS a amené le CHU de Québec à adopter des «mesures de mitigation» en ce qui a trait aux chirurgies, confirme la porte-parole Lindsay Jacques-Dubé. «On priorise les chirurgies d’un jour», a indiqué Mme Jacques-Dubé.

Questionnée à savoir si d’autres chirurgies devaient, dans ce contexte, être retardées, la porte-parole a répondu qu’«aucune chirurgie n’est annulée» et qu’«une chirurgie urgente reste une chirurgie urgente». Mais est-ce que des chirurgies doivent être retardées? avons-nous insisté lundi. La réponse est venue mardi par courriel. «Cela ne signifie pas pour autant le report d’autres chirurgies qui nécessitent une plus longue hospitalisation; c’est plutôt une planification différente des chirurgies. Cette planification est par ailleurs en fonction de multiples facteurs, et pas seulement de la disponibilité des lits», explique Mme Jacques-Dubé, sans plus de détails.

Le défi du vieillissement

Le président-directeur général adjoint du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Guy Thibodeau, ne le nie pas : le vieillissement de la population pose un défi croissant pour le CIUSSS. «Il y a de plus en plus de patients, souvent âgés, qui se présentent à l’hôpital et dont le retour à la maison est compromis. Ces gens-là doivent être évalués et réorientés vers le bon service ou la bonne ressource. On fait 20 % plus d’interventions auprès de ces patients-là. C’est un défi constant, il y a de plus en plus de besoins, surtout en février, en période de chutes, de virus...» expose-t-il en entrevue au Soleil.

Parmi les mesures mises de l’avant par le CIUSSS pour éviter la présence de ces patients à l’hôpital, l’intervention précoce à domicile ou dans les résidences pour aînés «pour identifier les besoins», illustre M. Thibodeau.

Un des principaux problèmes à l’heure actuelle, c’est la pénurie de médecins à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ), qui crée une pression sur les lits de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, rappelle le pdg adjoint du CIUSSS. «Ce matin [mardi], si on avait les effectifs médicaux suffisants à l’IRDPQ, on y accueillerait 17 patients de plus», ce qui libérerait des lits à l’Enfant-Jésus, où les patients peuvent néanmoins commencer leur réadaptation, précise-t-il. 

Autre défi pour le CIUSSS : trouver des ressources intermédiaires dans la communauté. «Ce que les promoteurs nous disent, c’est qu’ils ont besoin d’un certain volume de lits. On a plus de difficultés à trouver des petites ressources de 40 ou 50 lits. Nos derniers appels d’offres pour des petites ressources intermédiaires sont restés sans réponse. Il faut s’adapter au marché, essayer de demander de plus grands volumes», dit Guy Thibodeau.