Les syndicats rappellent que la pénurie touche non seulement les préposés aux bénéficiaires, mais aussi plusieurs autres employés, dont les professionnels et les techniciens du CIUSSS.

La CSN demande que le réseau de la santé «redevienne un employeur de choix»

Le Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN) demande au réseau de la santé et des services sociaux de «redevenir un employeur de choix».

Dans un communiqué publié mercredi, les syndicats CSN du secteur de la santé et des services sociaux de la région soulignent que «n’eût été la sévère pénurie de main-d’œuvre», le CIUSSS de la Capitale-Nationale aurait fait un déficit de 14 millions $ en 2019. «À la place, l’organisation a atteint l’équilibre budgétaire. La différence entre les prévisions et le résultat final? 150 000 heures de travail qui n’ont pas été payées faute de personnel pour donner les services à la population», dénoncent-ils.

Les syndicats rappellent que la pénurie touche non seulement les préposés aux bénéficiaires, mais aussi plusieurs autres employés, dont les professionnels et les techniciens du CIUSSS, qui ont en permanence «45 assignations à temps plein en éducation spécialisée et en travail social qui ne sont pas comblées, en plus d’une quarantaine d’autres dans différents titres d’emplois», précise la présidente de leur syndicat, Nicole Cliche. 

Pour illustrer l’impact de la pénurie de main-d’œuvre sur les services à la population, le président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Richard Boissinot, cite le cas de la fermeture de la cafétéria de l’hôpital de Baie-Saint-Paul pendant les Fêtes cette année, faute de personnel. 

Au-delà de la pénurie de main-d’œuvre, les pratiques de gestion «désincarnées» qui se sont développées au fil des fusions et des réorganisations sont à l’origine de certains problèmes de rétention de personnel, les employés n’ayant plus de sentiment d’appartenance par rapport à leur lieu de travail, déplore-t-on.

La présidente du Conseil central, Ann Gingras, demande au réseau de prendre un virage «humaniste» et de «laisser de côté la gestion comptable à la petite semaine». Selon elle, pour que le système fonctionne, il faut de toute urgence engager plus de personnel et revenir à un modèle plus «décentralisé» et proche des employés, comme celui des CLSC.