L'étude déboulonne par ailleurs un mythe particulièrement répandu chez les jeunes filles, à savoir que le tabac permet de rester plus mince. Les jeunes filles qui fument et celles qui ne fument pas n'ont aucune différence de poids.

La cigarette rend accro plus rapidement qu'on ne le croyait

La cigarette peut rendre accro beaucoup plus rapidement qu'on ne l'avait cru jusqu'ici. Une étude longitudinale réalisée depuis 1999 auprès de 1293 jeunes Québécois révèle que de très fortes envies de fumer sont ressenties à peine cinq mois après la première bouffée, et non deux ou trois ans plus tard ainsi qu'on le croyait jusqu'ici.
L'étude NICO, dont certains résultats ont été rendus publics jeudi lors du lancement de la Semaine québécoise pour un avenir sans tabac, fait ressortir la vulnérabilité des individus porteurs du marqueur génétique CYP2A6. Ce
marqueur était connu, dit la chercheure principale, Jennifer O'Loughlin, mais c'est la première fois qu'il est étudié dans une étude longitudinale, c'est-à-dire observant les mêmes individus pendant une longue période de temps.
Selon la chercheure rattachée à l'Université de Montréal, cette rapidité à développer une dépendance est un élément majeur, considérant la difficulté à cesser de fumer. Des 68 % de fumeurs qui en ont fait la tentative, 92 %
avaient rechuté après un an, dit-elle.
Mythes déboulonnés
NICO déboulonne par ailleurs un mythe particulièrement répandu chez les jeunes filles, à savoir que le tabac permet de rester plus mince. Les jeunes filles qui fument et celles qui ne fument pas n'ont aucune différence de poids, dit Mme O'Loughlin en entrevue téléphonique. Il en va de même chez les garçons, bien que cet argument soit beaucoup moins souvent invoqué par ceux-ci comme raison de fumer.
Par contre, la cigarette entraîne une différence marquée entre les sexes au niveau de la croissance. Alors qu'elle ne semble pas affecter celle des filles, les garçons qui en grillent de 10 à 12 par jour à partir de leur première année de secondaire mesurent en moyenne cinq centimètres de moins à la fin du secondaire que ceux qui fument peu ou pas.
L'étude, qui se poursuit jusqu'en 2012, est financée par l'Institut national du cancer du Canada grâce au soutien financier de la Société canadienne du cancer.
Des informations sur le tabagisme et les façons d'aider son enfant ou un proche à ne pas fumer sont disponibles sur le site www.mondesansfumee.ca.