Les cigarettes électroniques produisent une vapeur aromatisée avec ou sans nicotine.

La cigarette électronique se fait écraser

La cigarette électronique est loin d'être un remède miracle pour arrêter de fumer, selon le Conseil québécois sur le tabac et la santé.
Contrairement au médecin français Philippe Presles, qui vient de publier un livre sur les bienfaits potentiels de la cigarette électronique, l'organisme soutient que des études montrent le peu d'efficacité du dispositif pour cesser de fumer.
«Deux études publiées récemment dans des revues scientifiques présentent des taux de réussite de 7 % après six mois et 8,7 % après un an [avec la cigarette électronique]. Ces résultats comparables à ceux obtenus avec des timbres à la nicotine sont bien loin de faire de la cigarette électronique une véritable révolution comme l'affirme la promotion du livre», a-t-on fait valoir, hier, dans un communiqué.
Le Conseil québécois sur le tabac et la santé voit plutôt la cigarette électronique comme un risque réel pour faire augmenter la consommation de tabac au Québec, notamment chez les jeunes. «Cela pourrait avoir comme conséquence de renormaliser l'usage de la cigarette dans notre société et d'inciter de nombreuses personnes à commencer ou à recommencer à fumer», a-t-on plaidé.
Fantasmes
L'organisme recommande donc au gouvernement québécois de modifier la Loi sur le tabac afin que soient interdits la vente de la cigarette électronique aux mineurs et son usage dans les lieux publics où il est défendu de fumer actuellement. On demande également d'encadrer la fabrication, la promotion et la distribution des cigarettes électroniques.
Au cours d'une entrevue au Soleil, il y a quelques jours, le Dr Presles avait qualifié de fantasmes les craintes que la cigarette électronique renormalise la consommation de la cigarette faite de tabac. «Il y a un an, quand je me suis intéressé à la cigarette électronique, ça ne me plaisait pas non plus. Pendant toute ma carrière, j'ai diabolisé la cigarette. Et là, on voit arriver quelque chose qui ressemble furieusement à une cigarette, et on nous dit que ce n'est pas dangereux», a-t-il affirmé.
Au Québec, la position du Conseil sur le tabac et la santé ne semble pas faire l'unanimité. La préface du livre du Dr Presles est signée par le Dr Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l'Institut de cardiologie de Montréal. Le Dr Juneau a qualifié le livre de son collègue français de travail remarquable.