Selon des spécialistes, les jeunes ne sont pas assez informés des dangers que peut représenter leur penchant pour les boissons énergisantes.

La CAQ veut interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans

La question revient épisodiquement dans l'actualité : faut-il interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans? La Coalition avenir Québec (CAQ) le croit et en fait une demande formelle au gouvernement Couillard.
<p>Le porte-parole caquiste en d'éducation, Jean-François Roberge</p>
Dans son mémoire sur le projet de politique jeunesse du gouvernement, la CAQ rappelle que la consommation de boissons énergisantes peut engendrer divers problèmes d'ordre musculaire, cardiovasculaire, respiratoire, neurologique et psychiatrique.
Au Canada, précise-t-elle, 86 incidents ont été directement reliés à la consommation de boissons énergisantes. Parmi eux, trois décès, dont celui d'un jeune sportif de 24 ans de Shawinigan, Maxime Plourde.
Au Québec, plusieurs municipalités ont emboîté le pas d'Amqui, la première ville à interdire en 2011 la vente de boissons énergisantes dans ses édifices. Aujourd'hui, il est impossible d'acheter et de consommer ces boissons dans plusieurs établissements fréquentés par les jeunes (écoles, arénas et centres sportifs, par exemple).
Ailleurs dans le monde, certains pays, notamment la France, le Mexique, la Hongrie et l'Algérie, ont choisi de taxer les boissons énergisantes, alors que d'autres, comme la Norvège et la Suède, ont opté pour une restriction des lieux de vente.
Ce que souhaite la CAQ, c'est que le Québec s'inspire de la Lituanie et de la Suisse, qui interdisent carrément la vente de boissons énergisantes aux moins de 18 ans dans le premier cas et aux moins de 15 ans dans le second.
«Il n'est pas question pour la CAQ de profiter d'une question de santé publique pour taxer davantage les citoyens. À l'image de ce qui se fait en matière de produits alcoolisés, l'objectif est de protéger notre jeunesse», écrit la CAQ dans son mémoire.
En entrevue au Soleil, vendredi, le député Jean-François Roberge, porte-parole caquiste en matière d'éducation, a rappelé que le Québec a été un leader dans la lutte contre le tabagisme. «Pourquoi ne le serait-il pas dans la lutte contre les boissons énergisantes?» demande-t-il, ajoutant que les études démontrant les effets néfastes de ces boissons sont de plus en plus nombreuses.
«La science le dit, mais est-ce que tout le monde le sait? [...] Ça va faire comme pour le tabac : tôt ou tard, on va finir par interdire la vente de boissons énergisantes aux jeunes», dit le député Roberge, précisant que la position de son parti est partagée par divers organismes et regroupements préoccupés par des questions liées à la santé, dont l'Association médicale canadienne.
Il n'a pas été possible de savoir vendredi ce que pense le gouvernement Couillard de la demande de la CAQ. Au Parti québécois, on dit ne pas être fermé à l'idée d'interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans, mais qu'il faut «d'abord essayer davantage de prévention et de sensibilisation»
Quelques exigences et recommandations de Santé Canada
Depuis le 15 décembre 2012, Santé Canada exige une limite de la teneur maximale en caféine de 400 mg par litre et n'excédant pas 180 mg (l'équivalent d'un café moyen) par contenant de portion individuelle, des limites de la teneur en d'autres ingrédients, comme les vitamines et les minéraux, et une mise en garde indiquant de ne pas consommer le produit avec de l'alcool. Sur l'étiquette, on doit pouvoir lire la teneur totale en caféine du produit, en plus d'indications précisant les groupes à qui une haute teneur en caféine est déconseillée (enfants, femmes enceintes ou allaitant). Les fabricants de boissons énergisantes sont par ailleurs tenus de déclarer à Santé Canada, sous la forme d'un rapport annuel, tout incident lié à la consommation des boissons énergisantes qui leur aurait été signalé. Selon Santé Canada, les enfants de 4 à 6 ans ne devraient pas consommer plus de 45 mg de caféine par jour (il y en a ailleurs que dans le café!), ceux de 7 à 9 ans, 62,5 mg et ceux de 10 à 12 ans, 85 mg.
Source : Santé Canada, Québec en forme et Association pour la santé publique du Québec 
35 % des ados
Selon une enquête menée par le Réseau du sport étudiant, 35 % des adolescents du Québec ont consommé occasionnellement des boissons énergétiques en 2011, dont 7 % régulièrement, c'est-à-dire trois ou quatre fois par semaine. Un document de l'Institut national de santé publique du Québec datant de 2010 nous apprend que dans la région de la Capitale-Nationale, c'est plus de la moitié des jeunes du secondaire et du collégial qui en boivent. Une autre enquête menée en 2010-2011 par Québec en forme auprès de 1068 élèves de 13 écoles primaires montréalaises a dévoilé que 11 % d'entre eux avaient consommé au moins une boisson énergisante la veille de l'enquête. Enfin, selon une récente étude canadienne, 20 % des étudiants canadiens fréquentant un établissement secondaire ont rapporté avoir mélangé des boissons énergisantes et de l'alcool dans la dernière année. 
Sources : Mémoire jeunesse de la Coalition avenir Québec et Association pour la santé publique du Québec