Le gouvernement du Québec étudie la possibilité de raser les six étages supérieurs de la tour rectangulaire ajoutée il y a plus de 50 ans aux bâtiments historiques de L'Hôtel-Dieu de Québec.

Hôtel-Dieu de Québec: «réparer une erreur architecturale»

C’est à la suggestion des Augustines et du maire Régis Labeaume que le gouvernement du Québec étudie la possibilité de raser les six étages supérieurs de la tour rectangulaire de L’Hôtel-Dieu. Si la pression est grande pour harmoniser «l’aménagement urbain» de ce secteur hautement patrimonial, la décision n’est pas encore arrêtée.

«C’est toujours difficile de comprendre qu’à l’époque, on n’a pas tenté de faire un peu plus. C’est un peu plus d’argent, peut-être même pas plus, pour essayer d’harmoniser. Mais bon, il y a des époques, il y a des modes dans l’architecture», explique le maire de Québec à propos de la tour mal-aimée construite pendant les années 1950.

Régis Labeaume confie qu’il a des discussions sur le sujet depuis plusieurs mois avec le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx. «C’est quand même une excroissance. Il va y avoir pas mal de monde heureux à Québec», soutient-il.

La sœur Lise Tanguay, supérieure de la congrégation des Augustines, en fait partie. «Je vois ça comme la réparation d’une erreur architecturale. À l’époque, on n’avait pas la même sensibilité au patrimoine», reconnaît-elle. 

Depuis l’annonce de la construction du mégahôpital du CHU sur le site de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, elle garde un œil sur la reconversion de L’Hôtel-Dieu, qui perdra une partie de sa mission actuelle. Par exemple, les Augustines ne voulaient pas que ça devienne des «tours à bureaux». 

Il faut dire que la communauté a fondé L’Hôtel-Dieu à son arrivée en Amérique en 1639. Près de 400 ans plus tard, le lien affectif est aussi fort. Les Augustines possèdent toujours leur monastère adjacent à l’établissement.

Sœur Tanguay entretient beaucoup d’espoirs à l’idée de ramener la tour à «l’égalité du bâtiment principal». «Ils ont tellement des moyens techniques pour bien harmoniser», mentionne-t-elle.

Aucune décision prise

Le ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette, a commenté mardi, la primeur publiée dans Le Soleil quelques heures plus tôt. «Ce qui est sur la table entre correctement dans le plan préliminaire», indique-t-il, soit que la démolition projetée des six étages entre dans l’enveloppe de 500 millions $ octroyés pour la transformation de L’Hôtel-Dieu et que l’espace restant est suffisant pour la future mission de l’établissement. 

«Ç’a été évoqué avec beaucoup d’insistance et présenté avec beaucoup d’émotion, lance le Dr Barrette, concernant la démolition. Ce n’est pas un joyau architectural. Sur le plan de l’aménagement urbain, c’est une bonne idée, surtout si je n’ai pas besoin d’utiliser cet espace dans la vocation future», convient-il, sans vouloir confirmer la démolition.

En mai, Québec annonçait un montant de 10 millions $ au CIUSSS pour accoucher d’un projet déterminant la nouvelle vocation de L’Hôtel-Dieu de Québec. Un rapport est attendu d’ici la fin de l’année. Déjà, un projet de superclinique ou de service d’urgence mineure est dans les cartons. Le ministre Barrette avait évoqué que L’Hôtel-Dieu devienne une «soupape» au réseau: soins palliatifs, (lits de) convalescence, hospitalisation d’un jour, etc.

En marge de la conférence de presse, le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, avait indiqué que l’idée proposée par la congrégation des Augustines de développer un CHSLD destiné à une clientèle spécifique, plus jeune, était toujours envisagée.  Avec Patricia Cloutier