Les responsables de la prévention des infections à l'Hôpital Saint-François d'Assise misent sur un leadership interne pour diminuer le nombre de personnes infectées.

Hôpital Saint-François d'Assise : nouvelle charge pour combattre le C. difficile

Une nouvelle offensive a été lancée à l'Hôpital Saint-François d'Assise de Québec pour réduire les infections par le C. difficile et les nombreux décès qui s'ensuivent année après année. Entre avril et janvier derniers, une vingtaine de personnes y sont décédées en lien avec la bactérie Clostridium difficile.
Les responsables de la prévention des infections misent sur un leadership interne pour diminuer le nombre de personnes infectées. «Il y a eu une rencontre avec les chefs de toutes les spécialités médicales pour parler de la situation particulière à Saint-François d'Assise et pour mettre tout le personnel dans le coup. Les médecins embarquent beaucoup», s'est réjouie, mercredi, la responsable de la prévention des infections au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec, Danielle Goulet.
D'avril 2013 à janvier dernier, il y a eu une vingtaine de décès liés au C. difficile à Saint-François d'Assise. Il y a eu 129 patients de l'hôpital qui ont été infectés par la bactérie entre avril 2013 et février dernier. «Les taux sont désespérément stables et plus élevés que la moyenne des autres hôpitaux», a-t-elle déploré.
Mme Goulet croit que la nouvelle politique d'hygiène des mains adoptée le mois dernier par le conseil d'administration du CHU de Québec donnera une nouvelle impulsion aux initiatives pour inciter le personnel soignant à être encore plus soucieux de se laver les mains. 
C'est souvent par le contact avec les mains que bien des bactéries et virus sont transmis. Le taux d'hygiène des mains n'est que de 30 % à Saint-François d'Assise.
Pour la première fois, la politique indique la possibilité de sanctions à l'endroit du personnel qui ne s'y conformerait pas. «Depuis le 10 février, il y a eu beaucoup d'avis verbaux formels qui ont été consignés pour une mauvaise pratique d'hygiène des mains. C'est la première étape des mesures disciplinaires», a indiqué Mme Goulet.
Persuation plutôt que coercition
Pour l'heure, on privilégie la persuasion du personnel au lieu de la coercition. «Ce qu'on voit à Saint-François d'Assise, on se le dit gentiment. Dès que quelqu'un observe un collègue qui aurait omis l'hygiène des mains au bon moment, on lui signale qu'il vient de contrevenir à la règle. On essaie de le faire avec humour», a-t-elle dit.
Un des principaux manquements est le fait que l'on ne se lave pas les mains avant de voir un patient. «On se lave peut-être trop les mains quand ce n'est pas utile, et quand ça compte, on ne les lave pas. C'est un peu ça qui arrive dans les hôpitaux. Si on les lave quatre fois en jasant dans le corridor avec une collègue et qu'on décide d'aller chercher un panier de linge sale avant d'entrer dans une chambre, ces quatre fois, ça ne sert à rien», a expliqué Mme Goulet.
En outre, le lavage des mains avec un savon antiseptique n'est pas suffisant pour détruire les spores du C. difficile que l'on peut retrouver sur les mains. «Le lavage des mains avec une solution alcoolisée est bon dans presque toutes les circonstances. La seule bactérie qui résiste, c'est le C. difficile. Pour celle-là, on a besoin de l'eau courante et du savon.»