Depuis jeudi matin et jusqu'au 3 janvier, l'hôpital de Matane ne dispose d'aucun chirurgien.

Hôpital de Matane: Barrette blâme le chirurgien qui s'est désisté

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, dénonce vertement le désistement du chirurgien dépanneur qui avait accepté de pallier l'absence de chirurgiens jusqu'au 3 janvier à l'hôpital de Matane. Depuis jeudi matin, aucune chirurgie n'est pratiquée dans l'établissement. Les patients requérant une telle intervention sont transférés à Rimouski, à 100 kilomètres de là.
L'hôpital de Matane a laissé partir ses deux chirurgiens en vacances des Fêtes du 19 décembre au 3 janvier. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent a réussi à trouver un chirurgien qui a effectué le remplacement du 19 au 28 décembre. Puis, du 29 décembre au 3 janvier, un autre chirurgien s'était engagé à effectuer la suppléance, mais il s'est désisté à la dernière minute. 
«Le vrai problème, c'est qu'un individu s'est engagé et il n'a pas respecté son engagement, dénonce le Dr Barrette. C'est très déplorable. À moins que le chirurgien en question ait de très bonnes raisons, je pense que c'est pas vraiment acceptable!» Aucune sanction n'est prévue pour ce genre de situation que le parlementaire qualifie d'irresponsable de la part du médecin qui s'est désisté. 
L'opposition insiste
De son côté, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a lancé sur toutes les tribunes un avis de recherche pour trouver un chirurgien suppléant à l'hôpital de Matane. Il continue de demander au gouvernement libéral de modifier la loi 10 qui peut contraindre un spécialiste à pratiquer dans un rayon de 70 kilomètres de son lieu de résidence. Mais, dans le cas de Matane, la loi ne peut s'appliquer puisque la distance qui sépare cette ville de l'hôpital le plus proche est de 100 kilomètres.
Le ministre de la Santé ne ferme pas la porte à l'idée d'élargir le rayon. «C'est extraordinaire que le Parti québécois ait fait tant d'obstruction pour bloquer la loi 10, mais qu'il critique que je vais pas assez loin», s'étonne toutefois Gaétan Barrette.
«On ne cherche pas seulement au Bas-Saint-Laurent, mais dans tout le Québec», assure la porte-parole du CISSS, Sylvie Lamontagne. Gaétan Barrette estime qu'il ne peut mettre plus de pression sur l'établissement. «Ils font leur travail, croit-il. Ils ne peuvent pas cogner à la porte des 600 chirurgiens du Québec! Ils n'ont pas les coordonnées de ces gens-là!»
Le ministre rappelle que l'hôpital de Matane est en mesure d'offrir les soins de santé en situation d'urgence. Seuls les patients requérant une chirurgie sont transférés à Rimouski. «Une femme enceinte qui se présentera dans les prochains jours à l'hôpital de Matane pourra être accueillie par des gens compétents pour faire des accouchements, assure-t-il. L'hôpital n'est pas fermé! Dans les cas les plus extrêmes où elle devrait être transférée, l'ambulance sera là.»
Bien qu'il soit sensible à l'absence de chirurgiens à Matane, le ministre de la Santé se dit tout autant préoccupé par l'âge plutôt avancé des deux chirurgiens permanents de cet hôpital. «Si un chirurgien avait fait un infarctus, on aurait fait quoi?, interroge-t-il. On aurait fait face à la même situation.»
Selon le député Bérubé, la pénurie de spécialistes à l'hôpital de Matane est de plus en plus préoccupante. «Il y aura un forum sur la santé dans la Matanie dès la première moitié de 2017», annonce-t-il.