Les autorités sanitaires incitent la population à prendre les mesures nécessaires pour abaisser le risque de grippe, notamment en se faisant vacciner.

Hépatite C: vers un dépistage généralisé chez les 39-69 ans

Si vous êtes né entre 1945 et 1975, vous auriez intérêt à demander à votre médecin un test de dépistage de l'hépatite C, selon plusieurs experts. La maladie, qui peut être asymptomatique pendant plusieurs années, peut aussi être à l'origine d'une cirrhose et d'un cancer du foie.
«Ce serait une bonne chose qu'il y ait un test de dépistage généralisé bien que ce ne soit pas encore recommandé au Canada. Ce n'est pas un examen coûteux», a dit, au cours d'un entretien avec Le Soleil, la Dre Marie-Louise Vachon, microbiologiste-infectiologue au CHUL.
Actuellement, au Québec, on recommande un test de dépistage (prise de sang) en tenant compte de la présence de facteurs de risque.
«Quand on rencontre un patient, on va lui demander s'il a déjà utilisé des drogues injectables dans le passé ou maintenant. C'est applicable aussi pour les drogues inhalées parce que les gens ont pu partager le même matériel d'inhalation. On leur demande aussi s'ils ont reçu des transfusions», a indiqué la médecin.
«Un patient a pu utiliser des drogues injectables et inhaler une seule fois dans sa vie, il y a de ça 30 ans, et avoir l'hépatite C. L'hépatite C peut persister dans le corps de façon chronique sans aucun symptôme pendant des décennies. C'est surtout transmis par le sang. Ce n'est pas transmis efficacement par les relations sexuelles entre les hommes et les femmes», a-t-elle ajouté.
Depuis deux ans, les Américains recommandent un test de dépistage une fois à l'occasion d'un examen médical périodique, qu'il y ait ou non un facteur de risque. «À la suite d'études, ils ont trouvé que 75 % de tous les patients qui ont l'hépatite C aux États-Unis étaient des baby-boomers, soit des personnes nées entre 1945 et 1965. Il y a cinq fois plus d'hépatite C dans ce groupe que chez les autres», a dit la Dre Vachon.
Plus jeunes au Canada
Au Canada, les autorités de santé publique évaluent la situation pour recommander ou non un test de dépistage sans tenir compte des facteurs de risque. «Ce n'est pas encore fait, mais c'est en train d'être révisé. C'est bien d'avoir nos données, mais je ne crois pas que notre épidémiologie soit si différente de celle des Américains. D'ailleurs, la majorité des Canadiens infectés ont entre 30 et 59 ans, selon des données récentes», a affirmé la médecin.
Pourquoi inclure les personnes nées entre 1965 et 1975 à la différence de ce que l'on propose aux États-Unis? «Nos données démontrent que nos patients sont un peu plus jeunes que les patients américains. Ce n'est pas juste des baby-boomers», a-t-elle répondu.
La Dre Vachon reconnaît qu'il n'est pas toujours aisé de reconnaître que l'on a pu être contaminé par le virus de l'hépatite C. «Ça prend un effort de la part du médecin qui pose la question et du patient qui veut bien admettre qu'il a une fois dans sa vie utilisé une seringue.»
S'il y a des milliers de personnes qui ont l'hépatite C sans le savoir, la bonne nouvelle est que des nouveaux traitements efficaces sont disponibles. Des médicaments oraux qui génèrent moins d'effets secondaires sont maintenant sur le marché.
«Oui. Oui, on les attendait depuis longtemps. Le virus a été découvert en 1989. Ces dernières années, il y a eu un boum pour le développement des traitements. L'hépatite C, ça s'éradique. Quand on traite, c'est dans le but d'éradiquer complètement le virus et c'est possible chez 90 % des gens», a-t-elle affirmé.
D'autre part, la Dre Vachon a minimisé les risques d'avoir l'hépatite C lors d'un tatouage bien qu'il soit possible d'être contaminé de cette façon. «Actuellement, on ne va pas dépister quelqu'un qui s'est fait tatouer dans une agence professionnelle. S'il a été tatoué en milieu carcéral, c'est autre chose. S'il a été tatoué dans un autre pays, ou par des amis, on va considérer que c'est un facteur de risque», a-t-elle précisé.
La Fondation canadienne du foie recommande un test de dépistage généralisé chez les personnes nées entre 1945 et 1975. On estime qu'un dépistage précoce avant l'apparition de symptômes permettrait de sauver des vies et d'importants coûts au système de santé.
«Un patient sur trois au moment du diagnostic a déjà une maladie avancée, soit une cirrhose du foie. On peut avoir une cirrhose sans avoir bu une goutte d'alcool. L'hépatite C est la cause numéro un de transplantation du foie», a souligné la microbiologiste-infectiologue.
Selon la Fondation canadienne du foie, seulement deux pour cent des 300 000 Canadiens qui ont l'hépatite C ont eu un traitement. La grande majorité d'entre eux ne sont pas au courant qu'ils sont porteurs du virus.