Après avoir craint que 70 % des stocks d'Héma-Québec aient été affectés par le problème, un inventaire exhaustif a permis de déterminer que cette proportion se situait plutôt autour de 50 % et que la situation était moins problématique qu'on l'avait d'abord craint.

Héma-Québec a soif de plasma

Précieux composé sanguin qui entre dans la fabrication de médicaments, la demande en plasma explose. C'est pourquoi Héma-Québec mène une offensive pour ouvrir plusieurs salons Plasmavie partout au Québec dans les prochains mois.
Le centre Globule de Laurier Québec est équipé depuis 12 ans pour recevoir des dons de plasma. Mais jusqu'à tout récemment, il était le seul. En 2013, l'organisme a ouvert un premier salon Plasmavie à Trois-Rivières. «Les résultats ont été tellement bons qu'on a décidé d'augmenter les objectifs», indique Laurent-Paul Ménard, porte-parole d'Héma-Québec. 
Il y a quelques mois, le centre Globule de Brossard a commencé à accepter les dons de plasma. Le 17 juillet, on a inauguré un nouveau centre Globule et Plasmavie à Saguenay. D'ici l'an prochain, il sera possible de faire des dons de plasma à Sherbrooke, Gatineau, Montréal et Laval. «Notre défi, c'est de parvenir à fidéliser des banques de donneurs dans toutes les régions», soulève M. Ménard. 
Pourquoi une telle lancée? Parce que le plasma, en plus d'être injecté dans l'organisme des grands brûlés et des greffés, sert de plus en plus à fabriquer des médicaments à base d'immunoglobuline. 
La Presse rapportait en janvier dernier que 85 % du plasma nécessaire à la fabrication de médicaments à base d'immunoglobuline au Québec provient de donneurs américains. Le Québec achète plus de 50 millions $ de plasma par année aux États-Unis. 
La création de plusieurs centres Plasmavie vise à réduire cette dépendance. Dans ces salons spécialisés, on peut prendre rendez-vous pour faire un don par aphérèse, ce qui veut dire que le sang sera immédiatement séparé en trois composantes (globules rouges, plaquettes et plasma) et que la machine ne gardera que ce dont elle a besoin. Une méthode beaucoup moins coûteuse à long terme que de séparer un don de sang intégral en laboratoire. 
Les donneurs peuvent aussi être plus assidus et faire jusqu'à 50dons par année, comparativement à six pour un don de sang régulier.
Rajeunir les donneurs
L'autre défi d'Héma-Québec ces prochaines années sera de rajeunir sa banque de donneurs fidèles. Comme le reste de la population québécoise, les habitués vieillissent et ont parfois des conditions de santé qui les empêchent de donner.  «Ces dernières années, on a fait plusieurs collectes sur les campus des cégeps et des universités. Ça nous donne d'excellents résultats. Mais on ne peut pas compter sur cette clientèle-là l'été», explique M. Ménard. 
Durant la belle saison, Héma-Québec redouble donc ses efforts de promotion et installe ses collectes dans les centres d'achat ou les terrains de camping. 
Pour l'heure, les réserves de sang de l'organisme sont suffisantes, mais il doit pouvoir compter sur des dons tous les jours, «parce qu'on est toujours dans une optique de livraison juste à temps», soutient M. Ménard.