Hausses salariales: les infirmières veulent 21,6 % en trois ans

MONTRÉAL — Dans le cadre de ses négociations avec Québec, l'alliance FIQ-APTS a déposé jeudi des demandes d'augmentations salariales de 7,2 pour cent pour chacune des trois années de la convention collective 2020-2023.

Ces organisations syndicales représentent ensemble 131 000 membres: infirmières, infirmières auxiliaires, travailleuses sociales, techniciennes en laboratoire, psychologues et autres.

«Nos demandes sont loin d'être démesurées. Nos demandes sont justes et justifiées», a plaidé en entrevue avec La Presse canadienne Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

Elle rappelle que les médecins, eux, ont été généreusement rétribués par Québec.

«La dernière fois, on était en période d'austérité. On s'est contenté de 5,25 pour cent sur cinq ans. Et, quelques mois plus tard, dans le domaine même de la santé, on était capable de donner des milliards à un groupe. Alors moi, je dis qu'à un moment donné, ce sont des choix du gouvernement. L'argent est au rendez-vous. On souhaite que le gouvernement puisse donner la juste part à nos professionnelles», a lancé Mme Bédard.

«C'est à notre tour maintenant», a-t-elle ajouté.

La présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Carolle Dubé, renchérit. Elle rappelle que les travailleuses dans les centres jeunesse, les établissements de services sociaux et de santé ont toutes subi les réformes du ministre Gaétan Barrette, en plus des restrictions budgétaires répétées. Ces coupes et ces réformes ont entraîné une surcharge de travail, des listes d'attente, de l'épuisement, des congés de maladie et une pénurie de personnel.

«Monsieur (François) Legault, dans son discours inaugural, dans sa vision, dans ses priorités, il a déjà identifié le secteur de la santé et des services sociaux comme une grande priorité, avec l'importance du personnel. Je pense que nos gens sont en attente d'un retour du balancier en termes de reconnaissance de leur valeur», a souligné Mme Dubé.

Elle ne veut plus entendre que le gouvernement n'a pas d'argent. «Cette fois-ci, le contexte il est différent. Ce gouvernement-là doit donner un coup de barre. Il doit se démarquer des gouvernements précédents», a lancé Mme Dubé.

Malgré l'importance des demandes de l'alliance FIQ-APTS, Mme Bédard «souhaiterait que ça se règle rapidement» parce que le réseau ne peut plus attendre encore longtemps.

«Le moment ne pourra pas être aussi bon que ce qu'il est actuellement. Il y a de l'argent disponible. On est dans un contexte où ça ne peut absolument plus continuer comme ça pour les ressources dans les établissements. Il en va de la santé des gens qu'on représente. L'heure est au rendez-vous pour monsieur Legault pour régler ces problèmes-là», a lancé Mme Dubé.

La FIQ et l'APTS sont les seules qui ont réussi, cette fois-ci, à former une sorte de front commun pour négocier ensemble leurs conditions salariales face à Québec. Les trois centrales (FTQ, CSN et CSQ) n'ont pas réussi à s'entendre et, exceptionnellement, il n'y a donc pas de front commun.

La FTQ, la CSQ et l'alliance FIQ-APTS ont maintenant déposé leurs demandes au Conseil du trésor. La CSN le fera la semaine prochaine. Le gouvernement du Québec déposera ses offres dans les semaines qui suivront. Le processus de négociation s'enclenchera par la suite.

Les conventions collectives du demi-million d'employés de l'État viennent à échéance le 31 mars prochain.

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