Habituellement, c'est durant les vacances d'été que les heures supplémentaires augmentent, affirme-t-on à la FIQ, l'organisation syndicale qui représente la grande majorité des infirmières et infirmières auxiliaires au Québec.

Hausse inhabituelle des heures supplémentaires des infirmières

Bien qu'il n'y ait techniquement plus de pénurie d'infirmières au Québec, les syndicats qui les représentent remarquent une hausse des heures supplémentaires à des périodes inhabituelles de l'année. Et ils s'interrogent sur ce phénomène, alors que la frustration de leurs membres augmente.
Des demandes d'accès à l'information faites par La Presse canadienne dans certains CISSS (Centres intégrés de santé et de services sociaux) du Québec confirment effectivement une hausse des heures supplémentaires, notamment l'hiver dernier.
«C'est inhabituel qu'on ait des pics» à ces moments de l'année, a indiqué Daniel Gilbert, deuxième vice-président de la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé).
Habituellement, c'est durant les vacances d'été que les heures supplémentaires augmentent, affirme-t-on à la FIQ, l'organisation syndicale qui représente la grande majorité des infirmières et infirmières auxiliaires au Québec.
Le ras-le-bol des infirmières est tel qu'à Gatineau, elles avaient fait un sit-in spontané, en mars et avril derniers. Même la FIQ avait été avertie à la dernière minute par ses membres, a admis M. Gilbert. Celles-ci voulaient justement dénoncer le défaut de leur employeur de pallier le manque de ressources dans certains départements. Le Tribunal administratif du travail avait dû intervenir pour calmer le jeu.
Augmentations marquées
Au CISSS de Lanaudière, par exemple, on est passé de 5700 heures supplémentaires pour les infirmières seulement, du 16 octobre au 12 novembre 2016, à près de 7899 du 8 janvier au 4 février 2017.
Pour les infirmières auxiliaires, la hausse est encore plus marquée : de 3287 heures supplémentaires à 6213 pour la même période.
«On n'a pas une vraie planification de la main-d'oeuvre qui est faite»; on a donc recours aux solutions de facilité, déplore M. Gilbert.
«Dans un contexte de rareté de ressources, la première chose est de s'assurer qu'on utilise pleinement les ressources qu'on a sous notre responsabilité. Comment ça se fait qu'aujourd'hui, on a encore 50 % des infirmières qui ont des postes à temps complet? Comment ça se fait qu'au plan national, on a juste 33 % de nos infirmières auxiliaires qui ont des postes à temps complet?» s'insurge M. Gilbert.
«Quand les gens n'ont aucune garantie d'horaire, ils se trouvent d'autres emplois. Une infirmière auxiliaire avec deux jours-semaine, elle ne peut pas payer son loyer et faire vivre une famille. Elle va se trouver autre chose. Et elle ne sera pas disponible quand on va l'appeler à 8h le matin pour travailler», justifie-t-il.
M. Gilbert suggère également d'utiliser le plein potentiel des infirmières auxiliaires.
Employeurs
Les budgets très serrés des établissements de santé ont aussi joué un rôle dans le phénomène, ont fait valoir des employeurs.
Au CISSS de Lanaudière, Pascale Lamy, chef du service des communications par intérim, a indiqué que le début de l'année 2017 coïncidait justement «avec le moment où des investissements ont été octroyés visant le rehaussement de l'accès aux services à la population», alors que «nous étions au plus fort de notre pénurie de main-d'oeuvre».