Diane Lamarre du Parti québécois et Amir Khadir de Québec solidaire.

Frais en cliniques médicales: reste les tribunaux

Les députés de l'opposition n'en reviennent pas de l'attitude «antidémocratique» du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans le dossier des frais accessoires. Dans un point de presse commun, mercredi matin, la péquiste Diane Lamarre et le solidaire Amir Khadir ont dit s'en remettre maintenant au dépôt d'éventuels recours judiciaires, seule façon selon eux de faire entendre raison au gouvernement.
Diane Lamarre et Amir Khadir n'en démordent pas : les frais accessoires sont illégaux, et le ministre Barrette, dont l'amendement au projet de loi 20 a été adopté mercredi soir en commission parlementaire, a décidé de les légaliser «tout seul et en douce» et d'étendre leur portée «pour faire plaisir à une poignée de médecins spécialistes», selon le député de Québec solidaire.
«Il a déjà obtenu pour ces médecins-là une part du gâteau tellement grande que tout le monde est pénalisé actuellement, et il en remet une couche en allant piger dans les poches des Québécois [...] pour quelque chose qui était déjà négocié dans l'enveloppe des médecins», a déploré Diane Lamarre.
«L'enveloppe budgétaire du Québec est gravement trouée par des milliards de dollars d'augmentation qu'on a donnés aux médecins, et je sais de quoi je parle, j'ai vu moi-même ma rémunération augmenter de manière substantielle. Et il y a déjà une majoration pour les médecins qui pratiquent en clinique privée de l'ordre de 40 %. Ils n'ont pas besoin des frais accessoires», a renchéri Amir Khadir, précisant que les généralistes gagnent en moyenne 300 000 $ par année et les spécialistes, 400 000 $.
Selon la députée Diane Lamarre, «en officialisant les frais accessoires, le ministre Barrette va vider les hôpitaux et les médecins vont être beaucoup plus intéressés à travailler en clinique privée [...], et on va créer encore plus d'attente pour les gens qui n'ont pas de moyens et qui doivent attendre au public».
Poursuites coûteuses
Pour les deux députés d'opposition, il est clair que le gouvernement s'expose maintenant à des poursuites qui coûteront cher aux contribuables. «Lorsque des patients ont eu recours aux tribunaux [pour des questions de frais accessoires] en utilisant la Loi canadienne de la santé [qui les interdit clairement], ils ont eu gain de cause», rappelle Amir Khadir, selon qui «les poursuites vont aller en s'amplifiant et Québec ne sera pas dégagé de sa responsabilité aux yeux de la loi fédérale». Le député de Lévis et porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de santé, François Paradis, a lui aussi dénoncé en point de presse «la politique de fin de soirée» du ministre Barrette, «qui a fait adopter un amendement crucial sur les frais accessoires en toute de fin de session parlementaire, à 21h15», sans consultation aucune.