Chez les conseillers trifluviens, les avis sont partagés à propos de la fluoration de l'eau potable.

Fluoration de l'eau: au provincial de trancher, répète la Ville de Québec

Au lendemain de la décision de Trois-Rivières de fluorer son eau à nouveau, l'administration Labeaume a réagi mardi en réitérant sa position antérieure, qui est plutôt favorable à la fluoration, mais soutient que c'est au provincial de trancher.
Lundi, la Ville de Trois-Rivières est devenue la première grande ville du Québec à décider de fluorer son eau potable depuis très longtemps. Le verdict du conseil municipal trifluvien était très attendu, car seulement 3 % de la population québécoise boit de l'eau additionnée de fluorure afin de prévenir la carie, une proportion que la Santé publique aimerait bien voir augmenter à 50 % d'ici cinq ans.
D'après des données qu'elle a fait valoir pendant le débat à Trois-Rivières, les écoliers du Québec ont de 40 à 50 % plus de caries que la moyenne du reste du continent, où l'eau est fluorée de 45 % (Canada) à 70 % (États-Unis).
L'opposition farouche des groupes antifluor, qui prétendent que le fluor est inefficace en plus d'être un horrible poison, rend toutefois ce débat extrêmement émotif, et Trois-Rivières était vue comme une «bataille» qui pourrait constituer un tournant dans la «guerre». Le conseil municipal a tranché en faveur de la fluoration par une majorité de neuf contre sept.
«On a la même position [sur la fluoration] qu'avant, ça n'a pas changé du tout, a commenté mardi Paul-Christian Nolin, l'attaché de presse du maire Régis Labeaume. Si la Santé publique et le gouvernement considèrent que c'est important, qu'ils légifèrent plutôt que de laisser la décision à chaque ville individuellement.»
Labeaume favorable
La Ville de Québec a fluoré son eau jusqu'en 2008. Lors du débat qui a mené à l'arrêt, M. Labeaume s'y était montré plutôt favorable, mais dit depuis que le débat a été fait à Québec et que la balle est désormais dans le camp du provincial. Les élus trifluviens et les militants antifluor ont également interpellé le gouvernement au sortir du conseil, mais le ministre de la Santé Réjean Hébert (ouvertement en faveur de la mesure) n'était pas disponible pour des commentaires mardi.
Santé Canada a fait une revue de la littérature scientifique sur le sujet en 2003 - mise à jour en 2011 -, et a conclu que la fluoration de l'eau à hauteur de 0,7 milligramme par litre est une mesure efficace pour prévenir la carie et sans effets néfastes pour la santé. L'Institut national de la santé publique du Québec a fait le même genre d'exercice en 2007, arrivant aux mêmes conclusions. L'Organisation mondiale de la santé appuie elle aussi la fluoration de l'eau, mais estime que d'autres vecteurs (comme le sel de table) peuvent aussi faire l'affaire.
Le Collège des médecins du Québec, l'Ordre des dentistes et l'Ordre des pharmaciens sont eux aussi favorables à la fluoration de l'eau potable, de même que leurs équivalents canadiens et américains.