Causés par un virus, les oreillons se manifestent par une inflammation des glandes salivaires parotides, une fièvre légère et des troubles respiratoires. S’ils sont considérés comme une maladie de l’enfance plutôt bénigne, ils peuvent toutefois entraîner des complications, surtout chez les adultes.

Explosion de cas d’oreillons au Québec

Un nombre anormalement élevé de cas d’oreillons a été rapporté au Québec au cours des cinq derniers mois. Selon la Direction de la protection de la santé publique (DPSP) du ministère de la Santé, 20 cas confirmés ont été signalés au fichier des maladies à déclaration obligatoire entre juin et octobre. Un peu plus du tiers des personnes ayant contracté la maladie étaient pourtant considérées comme protégées contre le virus.

La moitié des cas (10) ont acquis l’infection au Québec, rapporte-t-on dans le dernier bulletin Flash Vigie du ministère. Pour cinq cas, une acquisition extérieure a pu être démontrée, alors que pour les cinq autres, le lieu d’acquisition est indéterminé.

Les cas s’échelonnent entre la mi-juin et la fin octobre et se répartissent dans sept régions, soit Montréal, Laval, Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, Montérégie, Laurentides et Outaouais. 

La DPSP calcule que le taux d’incidence pour cette période est de 0,24 cas pour 100 000 et considère qu’il s’agit d’un excès «statistiquement significatif» par rapport à ce qui est attendu, soit un taux moyen de 0,02 pour les années 2014 à 2016. 

«Des cas sporadiques d’oreillons sont rapportés chaque année au Québec; le plus souvent, l’infection est acquise à l’étranger. En l’absence d’éclosion, le nombre de cas annuels varie de 0 à 8», peut-on lire dans le bulletin de novembre de Flash Vigie.

Près des deux tiers des cas (65%, ou 13 cas) étaient considérés comme non vaccinés, c’est-à-dire «vaccinés sans preuve, non vaccinés ou de statut vaccinal inconnu». Sept cas (35%) étaient en revanche considérés comme protégés. Aucune hospitalisation n’a été rapportée et tous les cas ont bien récupéré, précise la DPSP. 

Cas suspects

«Une incidence accrue et persistante de cas incidents sans lien épidémiologique entre eux et n’ayant pas voyagé à l’étranger suscite une inquiétude légitime. On peut alors craindre une situation non contrôlée, comportant un risque de transmission locale élevée», écrit la DPSP, ajoutant que les 18 directions (régionales) de sa santé publique avaient été appelées à une «vigilance rehaussée». 

Au 21 novembre, cinq régions avaient signalé des cas suspects, tous en attente de confirmation. Les plus récents sont survenus au cours de la semaine du 12 novembre, précise la DPSP.

Ces cas s’ajoutent à l’éclosion provinciale de 2016-2017, alors que 28 cas avaient été rapportés dans six régions (Estrie, Capitale-Nationale, Montréal, Laval, Outaouais et Montérégie). Lors de cette éclosion, qui a été «fermée» le 2 juin 2017 par la Direction de la vigie sanitaire (le dernier cas rapporté remontant au 7 avril), cinq travailleurs de la santé de l’Hôpital Fleurimont et de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke avaient notamment contracté la maladie. 

La circulation accrue d’oreillons n’est pas unique au Québec. Depuis le début de l’année 2017, l’Ontario, l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan ont rapporté des éclosions d’oreillons, signale la DPSP. Ailleurs dans le monde, les oreillons sont endémiques dans de nombreuses régions, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. 

Âgés entre 20 et 40 ans

Pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale, qui a dénombré sept cas sur son territoire depuis décembre 2016, dont trois cet automne, il s’agit d’une situation «attendue». 

«Les cas rapportés avaient entre 20 et 40 ans. Les gens nés avant 1970 sont considérés immunisés parce qu’ils ont déjà eu les oreillons. Ceux nés après 1970 n’ont eu qu’une dose de vaccin qui devient un peu moins efficace en vieillissant, ce qui rend les gens dans cette tranche d’âge un peu plus vulnérables à contracter la maladie», explique Mme Chagnon, précisant que ce n’est que depuis 1995 qu’une deuxième dose de vaccin est administrée.

Médecin-conseil à la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale et à l’Institut national de santé publique du Québec, le Dr Nicholas Brousseau souligne que le vaccin est efficace à 80 ou 85%. «On considère les personnes qui ont reçu une seule dose de vaccin comme protégées. Si elles font quand même les oreillons, c’est moins sévère et à faible risque de complications», ajoute le Dr Brousseau. 

Selon lui, la situation actuelle n’est pas inquiétante. «Comme les gens voyagent, on a des cas d’oreillons qui surviennent périodiquement au Québec, mais la transmission est limitée [en raison du la forte proportion de gens vaccinés]. Les éclosions qu’on a eues dans le passé se sont toujours résolues, et on s’attend à ce que ce soit la même chose aujourd’hui. On n’a pas de craintes», dit le Dr Brousseau.

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MALADIE BÉNIGNE, MAIS COMPLICATIONS POSSIBLES

Causés par un virus, les oreillons se manifestent par une inflammation des glandes salivaires parotides, une fièvre légère et des troubles respiratoires. S’ils sont considérés comme une maladie de l’enfance plutôt bénigne, ils peuvent toutefois entraîner des complications, surtout chez les adultes. Ces complications incluent la pancréatite, la méningite, une surdité transitoire et, très rarement, l’encéphalite. 

Environ 30% des personnes infectées ne présentent pas de symptômes, mais peuvent néanmoins transmettre la maladie. Les oreillons se transmettent par la salive, la toux, les éternuements, le partage de boissons ou les baisers, ou par contact avec une surface contaminée. 

L’incubation de la maladie dure en moyenne entre 16 et 18 jours, et la période de contagiosité maximale va de deux jours avant le début de la tuméfaction des glandes salivaires jusqu’à cinq jours après. 

La vaccination est évidemment le meilleur moyen de protection. Le vaccin utilisé, prévu au calendrier régulier de vaccination à l’âge de 12 mois et de 18 mois, est un vaccin combiné qui protège contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO).

Les personnes nées avant 1970, celles avec des prises de sang attestant de la présence des anticorps contre les oreillons et celles ayant une preuve écrite qu’elles ont reçu une dose du vaccin sont considérées protégées et n’ont pas besoin d’être vaccinées.

Les personnes qui ne sont pas protégées contre cette maladie sont invitées à consulter leur médecin ou le CLSC. 

Source: Fiche technique sur les oreillons du ministère de la Santé, novembre 2017