Euthanasie: la position du Collège des médecins bien accueillie

Bien que moins tranchée, la position du Collège des médecins est en phase avec les données observées par des consultations menées par les fédérations médicales. Ces dernières semaines, tant les spécialistes que les omnipraticiens se sont prononcés à 75 % en faveur du recours à l'euthanasie dans un contexte médical et légal bien balisé.
«Les gens sont rendus là. C'est une voix qui s'ajoute, estime le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin. Cela traduit la réalité de la pratique médicale.»
De son côté, le Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes, a été visiblement agacé par la grande prudence du président du Collège des médecins lors de sa conférence de presse. «C'est de la voltige sémantique, lance-t-il. Le
Dr Lamontagne n'a même pas voulu parler d'euthanasie. Il a parlé de soins de fin de vie, de douleur, mais ça n'a rien à voir. On ne remet pas en question la nécessité de soulager les gens.»
Voilà pour la forme. Sur le fond, toutefois, le Dr Barrette note les similitudes entre la réflexion présentée hier par le Collège et les sondages menés par les fédérations.
Tant les omnipraticiens que les spécialistes soulignaient l'importance de poser des gestes dans l'intérêt du patient et en consultation avec ce dernier.
Militant pour le droit de «mourir dignement», le travailleur social Yvon Bureau se réjouissait aussi de l'ouverture démontrée par le Collège et son invitation à continuer le débat dans la société en interpellant notamment les infirmières et le Barreau du Québec. «Le train est presque en marche. Ce serait maintenant à l'Assemblée nationale de réunir tous les groupes pour une table de concertation», dit-il. Cette idée d'un groupe indépendant qui pourrait dégager la position officielle du Québec sur la question de l'euthanasie avait aussi été proposée par Ghislain Leblond. En entrevue au Soleil le mois dernier, cet ex-sous-ministre atteint d'une maladie neurodégénérative avait plaidé pour la création d'une telle instance.