Actuellement, environ 850 personnes sont en attente de greffes au Québec. 

Dons d'organes: des lacunes dans les hôpitaux

Les hôpitaux du Québec pourraient faire davantage pour permettre à plus de personnes en attente d'une transplantation d'avoir un don d'organe.
Selon le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu, il y a des lacunes dans les hôpitaux pour identifier les donneurs potentiels dont la mort est imminente. Bien souvent, ces gens sont alités aux soins intensifs ou à l'urgence.
«Il y a encore des faiblesses dans le système pour identifier les donneurs. Une façon de contrer ces faiblesses, c'est de mieux former les gens et d'être présent constamment. Si le personnel n'est pas suffisamment à l'affût, formé, et qu'il voit le donneur trop tard, le don ne pourra pas se réaliser. Ça arrive encore malheureusement», a-t-il déploré, mardi, au cours d'une entrevue au Soleil.
Un des facteurs qui peuvent expliquer l'identification tardive des donneurs potentiels serait le fort taux de roulement du personnel dans les services critiques. «La bonne nouvelle est que le nombre de références a tendance à augmenter. Mais cet indicateur n'est pas encore à la hauteur de ce qu'on pourrait espérer. La seule façon d'y arriver, c'est de former et d'être près des gens dans les hôpitaux», a ajouté M. Beaulieu.
Il a rappelé que les organes de très peu de donneurs potentiels décédés sont utilisés pour des transplantations. Plusieurs sont refusés parce qu'ils sont porteurs d'une maladie. Parfois, c'est un coroner qui peut s'opposer. «Il y a plusieurs facteurs qui sont pris en considération avant d'enclencher le processus d'un don d'organes», a-t-il indiqué.
Par ailleurs, il ne croit pas que d'imiter le système de consentement au don d'organes en France serait la solution pour avoir davantage de donneurs. Depuis près de 40 ans, le consentement est présumé en France. Il faut inscrire son refus si on ne veut pas un prélèvement d'organes. Au Québec, c'est le contraire.
«Si on regarde les données de la France et des États-Unis, qui ont à peu près la même proportion de donneurs même si les États-Unis ont un système comme le nôtre, on voit que le consentement présumé n'est pas la variable déterminante. C'est vraiment l'organisation des services dans les hôpitaux qui fait le gros de la différence plutôt que le consentement présumé», a affirmé M. Beaulieu.
4 millions de donneurs
L'augmentation des transplantations passe aussi par une hausse du nombre de donneurs inscrits au Québec. Le directeur général de Transplant Québec souhaite que ce nombre soit doublé d'ici cinq ans. 
«Idéalement, il faudrait que toutes les personnes au Québec soient inscrites, mais ce ne sera pas le cas. On devrait pouvoir se rendre à la moitié de la population qui a posé un geste. Il faudrait qu'on se rende là d'ici cinq ans. C'est un souhait que j'aimerais transformer en objectif, mais je ne suis pas tout seul à décider. Il faut que chaque personne prenne sa décision», a dit le directeur général de Transplant Québec.
Actuellement, on estime qu'environ deux millions de personnes au Québec ont signifié par écrit qu'elles acceptent que des organes soient prélevés à leur décès. Le registre de la Régie de l'assurance maladie compte plus de 1,5 million d'inscriptions et environ 1 million de personnes se sont inscrites chez un notaire. On évalue qu'un bon nombre l'ont fait dans les deux registres. On n'a toutefois aucune donnée sur le nombre de personnes qui ont signé leur carte d'assurance maladie pour le don d'organes.
À la fin de l'an dernier, 1047 personnes étaient en attente d'un don d'organe, soit près de 200 de moins que l'année précédente. Environ 75 % d'entre elles attendaient pour la transplantation d'un rein. Dans la région de la Capitale-Nationale, 76 personnes étaient dans l'attente d'une transplantation en décembre 2013.