Actuellement, un donneur peut présenter avec preuves une demande de remboursement pour des dépenses comme les frais de déplacement, l’hébergement, les repas, et le stationnement ainsi que pour une perte de revenus pour un remboursement maximal de 5715 $ selon les critères d’admissibilité.

Don de rein: le plafond de remboursement «doit être revu»

On ne donne pas un rein comme on donne du sang. C’est pourquoi le gouvernement du Québec a mis en place, en 2010, un programme de remboursement pour compenser certaines dépenses. Cependant, celui-ci n’a jamais été indexé au coût de la vie, et certains donneurs ne sont pas totalement remboursés.

Le Soleil a d’ailleurs appris que Transplant Québec, en charge du programme, planche sur un rapport qui sera déposé dans les prochaines semaines au ministère de la Santé et des Services sociaux. 

Dans ce rapport, Transplant Québec recommandera d’indexer le remboursement au coût de la vie. «Le plafond doit être revu. Il n’a pas été indexé depuis 2011», souligne le directeur général de l’organisme, Louis Beaulieu. «Dans l’annonce du ministre, il y aurait ouverture à réfléchir à ces questions de revoir ces paramètres», poursuit-il.

Actuellement, un donneur peut présenter avec preuves une demande de remboursement pour des dépenses comme les frais de déplacement, l’hébergement, les repas, et le stationnement ainsi que pour une perte de revenus pour un remboursement maximal de 5715 $ selon les critères d’admissibilité.

Le remboursement des dépenses, à l’exception de la perte de revenus, varie selon la distance entre la résidence et le centre de transplantation. En ce qui concerne la perte de revenus, il s’agit d’une indemnité de dernier recours offerte après l’intervention chirurgicale, une fois que toutes les autres sources de revenus ont été épuisées (vacances, banques de congés maladie, invalidité, etc).

Pour le déplacement, le donneur peut être remboursé jusqu’à 1500 $ selon la distance; pour le stationnement, jusqu’à l’occurrence de 140 $, avec un maximum de 20 $ par jour; pour l’hébergement, 650 $ avec un maximum et 130 $ par nuit; pour les repas, 45 $ par jour et pas plus 225 $ pour la totalité. Relativement à la perte de revenus, le donneur a droit jusqu’à 3200 $ pour un maximum de 400 $ par semaine.

«Ce programme n’est pas conçu dans une perspective d’être un incitatif au don vivant. Il vise plutôt à compenser des inconvénients liés à des frais engagés par le donneur», insiste M. Beaulieu.

Mais le directeur de Transplant Québec reconnaît qu’un hôtel à Vancouver ne coûte pas le même prix qu’un hôtel à Québec et qu’il est nécessaire de prendre cette réalité en considération. «On gagnerait à reconnaître certaines modulations à l’intérieur de ça.»

Pour les accompagnateurs?

Pour les accompagnateurs, aucun remboursement n’est prévu par la loi. Dans un précédent article, Le Soleil racontait l’histoire d’une donneuse de Québec qui a dû se rendre à Calgary pour l’opération. Son fils a pris congé pour l’accompagner. Il a déboursé 1384,99 $.

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«On comprend ce besoin-là. [..] Il serait avantageux et très humain de pouvoir avoir un accompagnateur dans certaines circonstances. Parfois, c’est même incontournable», convint-il.

Selon M. Beaulieu, Transplant Québec réfléchit à cette situation. «Il y a des gens qui nous ont souligné que ça les décevait qu’on ne rembourse pas les frais pour les accompagnateurs. On va faire écho des commentaires reçus au ministère dans le rapport qu’on va transmettre», assure-t-il. Dans la communauté médicale, les médecins transplanteurs étudient également la possibilité de faire voyager le rein plutôt que la personne.  

Le Programme québécois de don vivant de rein, annoncé par Gaétan Barrette, bénéficiera d’un financement récurrent de 1,5 million $ par année. Avec ce programme, le gouvernement libéral espère augmenter le taux de dons vivants de rein de 5,8 donneurs par tranche d’un million d’habitants à 15 donneurs dans les trois prochaines années, et à 20 d’ici 2023.