Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Difficiles négociations entre Barrette et les radiologistes

Les radiologistes et le ministre Gaétan Barrette sont à des lieues dans le dossier de la couverture publique des échographies pratiquées en cabinet. Selon le ministre de la Santé, les honoraires techniques réclamés par les radiologistes sont nettement «exagérés».
Tard mardi soir, le ministre Barrette a publié sur les réseaux sociaux les demandes de l'Association des radiologistes du Québec (ARQ). 
Intitulé «Faites le calcul vous-même!», le document, volontairement incomplet, rappelle que les échographies pratiquées en cabinet sont couvertes par le régime public depuis le 29 décembre. La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) paiera ainsi aux radiologistes des honoraires globaux équivalant à la somme des honoraires professionnels (qui sont les mêmes qu'à l'hôpital) et des honoraires techniques liés à l'exploitation d'un appareil d'échographie. Ce sont ces derniers qui font l'objet de l'actuelle négociation.
Le ministre établit le total des frais pour le loyer, l'administration, l'acquisition de l'échographe, le contrat de service et les fournitures liées à l'échographie à 48 791 $ par appareil par année. À cela s'ajoutent le salaire du personnel (technologue, secrétaire, préposé et réceptionniste) et les autres frais (mobilier, électricité et chauffage, entretien ménager, assurances, buanderie et archivage numérique), que le ministre nous laisse calculer nous-mêmes (!).
«Nous ne livrerons pas ce matin [mercredi] notre stratégie de négociations», a expliqué au Soleil son attachée de presse, Julie White, précisant qu'une rencontre entre le ministère de la Santé et les radiologistes était prévue à 16h mercredi.
Dans son document, le ministre Barrette n'hésite cependant pas à étaler les demandes des radiologistes. Pour exploiter un appareil d'échographie 250 jours par année, l'ARQ réclamerait 300 000 $ par année par appareil si les radiologistes font 15 examens par jour et 400 000 $ s'ils en font 20 par jour. À ces frais s'ajoutent les honoraires professionnels des radiologistes pour ces examens, insiste le Dr Barrette. 
Selon Julie White, ces honoraires varient entre environ 15 $ jusqu'à un peu plus de 100 $ en fonction des différents types d'échographies. L'honoraire moyen pondéré (donc qui tient compte du volume de chacun des types d'échographies) est de 41 $, précise Mme White.
L'attachée de presse du ministre Barrette qualifie de «très exagérés» les honoraires techniques réclamés par les radiologistes, tout en se gardant de préciser de combien ils le sont.
Honoraires «appropriés»
«Notre intention n'est pas que les radiologistes travaillent à perte, mais nous ne voulons pas non plus qu'ils fassent des profits indus. Notre objectif est qu'ils aient les honoraires appropriés. Le système public n'est pas là pour faire faire des marges importantes de profits aux médecins. Dans cette optique, le calculateur que nous avons publié démontre clairement que la demande des radiologistes est exagérée», évalue-t-elle.
Mme White rappelle du reste que les radiologistes n'ont «aucune raison d'annuler ou d'arrêter de donner des rendez-vous». «Ils peuvent facturer à la RAMQ et seront payés rétroactivement au tarif convenu. C'est une procédure connue des médecins. Elle a entre autres été utilisée pour l'aide médicale à mourir lorsque nous négocions le tarif du nouvel acte qui venait d'être autorisé», illustre-t-elle.
Il semble, selon ce que rapportait mercredi matin le chroniqueur politique Louis Lacroix sur les ondes du 98,5, que pour forcer les radiologistes à accepter ses conditions, le ministre Barrette menacerait de rendre leur permis de pratique conditionnel à une prestation de services dans les hôpitaux.
L'ARQ devrait réagir aujourd'hui à la sortie du ministre Barrette et à la négociation en cours.