«Le Québec est un grand territoire, un très grand territoire, et conséquemment, il est assez difficile d’imaginer qu’il soit possible d’avoir une couverture identique sur tout le territoire. Et ça, c’est le sens commun. Maintenant, nous faisons des ajustements, nous en avons fait sur tout le territoire du Québec», a expliqué le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Desserte ambulancière: Barrette défend les méthodes de calcul de son ministère

La desserte ambulancière déficiente dans certaines régions du Québec a une nouvelle fois fait l’objet de débats à l’Assemblée nationale, jeudi.

Tant la Coalition avenir Québec (CAQ) que le Parti québécois (PQ) ont dénoncé l’inégalité de la couverture des services préhospitaliers d’urgence pendant la période de questions. 

Le Soleil faisait état jeudi d’une analyse faite par la CAQ à partir d’un document interne du ministère de la Santé. Selon le député François Paradis, des véhicules ambulanciers ont été ajoutés et des horaires de faction ont été transformés en horaires à l’heure dans des secteurs où les besoins sont moins importants qu’ailleurs. 

Questionné par le député Paradis et les péquistes Diane Lamarre et Pascal Bérubé sur ces choix qui paraissent «arbitraires» et sur les déficiences de couverture à Saint-Charles de Bellechasse, en Abitibi-Témiscamingue et en Matanie, par exemple, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a expliqué que les ajustements se faisaient sur la base d’évaluations périodiques et à partir des données disponibles. 

«Le Québec est un grand territoire, un très grand territoire, et conséquemment, il est assez difficile d’imaginer qu’il soit possible d’avoir une couverture identique sur tout le territoire. Et ça, c’est le sens commun. Maintenant, nous faisons des ajustements, nous en avons fait sur tout le territoire du Québec», a-t-il souligné.

Le ministre a tenu à «informer la population que l’analyse de la desserte ambulancière ne se fait pas par zones, mais bien par ambulances». «C’est une analyse qui est beaucoup plus fine que celle de la CAQ, je le souligne. […] C’est sur cette base-là que nous ajustons soit les ressources, soit la conversion des horaires de faction en quarts de travail», a-t-il dit.

Si un horaire de faction a été converti en horaire à l’heure à Rivière-du-Loup, où le taux d’utilisation clinique des ambulances n’est que de 48%, par exemple, c’est parce qu’on y dépassait les 3000 transports par année, a expliqué le ministre de la Santé. 

À propos de Saint-Charles de Bellechasse, où le taux d’utilisation des ambulances est de 104%, mais où aucune nouvelle ressource n’a encore été ajoutée, le ministre a indiqué que l’analyse n’était pas terminée. «Il est possible que nous ajoutions [des véhicules ambulanciers] ou convertissions des horaires, tout à fait, sauf qu’on va le faire sur la base de la raison et non de la politique», a-t-il dit.

Selon lui, il y a, du côté des entreprises ambulancières, «un intérêt à augmenter le chiffre d’affaires» et, du côté des syndicats, «un intérêt à convertir des horaires de faction en quarts de travail». «Encore faut-il se mettre au-dessus de la mêlée et prendre les décisions sur une base qui est reproductible et objective d’une région à l’autre, et c’est ce que nous faisons», a assuré le ministre.