L'ajout de 2100 places en hébergement, en réadaptation et en santé mentale annoncé mercredi par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour désengorger les hôpitaux suscite à la fois soulagement, questionnements et inquiétude.

Désengorger les hôpitaux: intervenants soulagés, mais préoccupés

L'ajout de 2100 places en hébergement, en réadaptation et en santé mentale annoncé mercredi par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour désengorger les hôpitaux suscite à la fois soulagement, questionnements et inquiétude.
À l'Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ), si on salue la décision du ministre d'investir 30,5 millions $ pour la création de 446 nouvelles places d'hébergement pour les personnes atteintes de troubles mentaux, on demande que les montants investis le soient dans le type d'hébergement dont les patients ont le plus besoin. 
«Au cours des dernières années, le gouvernement a opté pour des formules d'hébergement plus économiques comme les logements autonomes subventionnés avec équipes de suivi d'intensité variable ou de suivi intensif, qui sont indéniablement nécessaires [...]. Toutefois, ce type d'hébergement ne peut répondre aux besoins de toutes les personnes ayant des troubles psychiatriques sévères», avertit l'AMPQ dans un communiqué diffusé mercredi. 
Plusieurs de ces personnes présentent des déficits qui rendent leur vie autonome en logement «excessivement stressante et génératrice de crises» ou encore «carrément impossible pour des raisons de sécurité». «Il importe donc que le ministre s'assure que des places d'hébergement en ressources intermédiaires et de type familial plus structurées soient développées», croit l'association.
Des ressources sous-financées
Du côté de la CSN, on se réjouit aussi de la création de nouvelles places dans divers établissements de soins de longue durée, mais on tient à ce que les investissements annoncés servent à consolider le réseau public. 
«Le ministre est demeuré vague sur la part de ces sommes qui sera consacrée au réseau public. Quant à nous, la consolidation du réseau des CHSLD publics est incontournable. Tant en hébergement qu'en réadaptation ou encore dans les soins à domicile, nous croyons qu'il faut s'assurer que les services seront offerts par un personnel bien formé et bénéficiant de conditions de travail décentes», a commenté par communiqué le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.
Comme le rapportait Le Soleil mercredi, l'Association des ressources intermédiaires en hébergement du Québec (ARIHQ) s'inquiète de voir le gouvernement annoncer de nouvelles places dans ces milieux privés situés entre les soins à domicile et les CHSLD quand celles existantes souffrent d'un manque de financement et de problèmes de formation et de stabilité de la main-d'oeuvre. 
Certaines de ces ressources ont d'ailleurs dû fermer leurs portes plus tôt cette année en raison des compressions du gouvernement, a rappelé le Parti québécois, jeudi.
Le sujet a rebondi à l'Assemblée nationale, en matinée, quand le péquiste Dave Turcotte a demandé au ministre Barrette s'il comptait «régler les problèmes de sous-financement des ressources intermédiaires avant d'en ouvrir des nouvelles». Selon lui, «ce que fait le ministre, c'est prendre l'argent économisé sur le dos des personnes qui résident actuellement dans les ressources intermédiaires pour créer de nouvelles places pas mieux financées».
Le ministre de la Santé a accusé le député de Saint-Jean «de faire de la politique de la mauvaise humeur et de la mauvaise nouvelle quand il y a une bonne nouvelle» et «de s'ingérer dans une négociation [entre Québec et l'ARIHQ] qui suit son cours».