Le dernier Bulletin national de performance en cancérologie du ministère de la Santé révèle que près du tiers des centres désignés ne respectent pas la cible de trois semaines pour l’obtention d’un rendez-vous pour une échographie mammaire devant être effectuée dans le cadre du Programme québécois de dépistage du cancer du sein.

Des semaines d’attente pour une échographie

Près du tiers des centres désignés ne respectent pas la cible de trois semaines pour l’obtention d’un rendez-vous pour une échographie mammaire devant être effectuée dans le cadre du Programme québécois de dépistage du cancer du sein, révèle le dernier Bulletin national de performance en cancérologie du ministère de la Santé.

En date du mois d’août 2017, 29 des 102 centres de dépistage désignés (28,4 %) dépassaient le délai cible de trois semaines entre l’appel pour l’obtention d’un rendez-vous pour une échographie mammaire et la date de rendez-vous de l’examen (réalisé en complémentarité de la mammographie de dépistage lorsque le résultat de celle-ci est considéré comme anormal). 

C’est dans la région de Montréal qu’on retrouvait le plus de cliniques de radiologie et autres centres de dépistage désignés qui dépassaient la cible en août dernier. Des délais de plus de trois semaines ont aussi été observés dans des centres des régions de Laval, de l’Estrie, de l’Outaouais et de Québec, notamment. Le tableau présenté par le ministère de la Santé fait état de délais allant de quatre à... plus de 13 semaines.

Depuis janvier 2017, les échographies faites en cabinet sont couvertes par le régime public. Alors que cette gratuité devait permettre de réduire le temps d’attente en hôpital pour ce type d’examen, elle aurait plutôt mené à une explosion des demandes et à une augmentation des listes d’attente dans les cliniques de radiologie, dénonçait dans nos pages l’an dernier l’Association des radiologistes du Québec. 

Mammographies de dépistage

La grande majorité des centres de dépistage désignés, soit 81 sur 94 (86,2 %), respectaient en revanche le délai cible de six semaines pour l’obtention d’un rendez-vous pour une mammographie de dépistage, souligne le ministère de la Santé.

Sur les 13 centres qui dépassaient cette cible en août 2017, 11 enregistraient des délais variant entre sept et 13 semaines (surtout dans les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’Outaouais et du Nord-du-Québec) et deux, de plus de 13 semaines (en Outaouais).

Chirurgies oncologiques

De manière générale pour tous les cancers, l’accès à la chirurgie oncologique dans un délai inférieur ou égal à 28 jours ne s’est pas beaucoup amélioré depuis 2014-2015, alors que le pourcentage de chirurgies oncologiques réalisées à l’intérieur de ce délai est passé de 60 % en 2014-2015 à 63 % en 2016-2017, loin de la cible de 90 %. 

Sur les 41 402 chirurgies réalisées en 2016-2017, 10,3 % l’ont été dans un délai de plus de 56 jours (cible : 0 %) et 89,7 %, dans un délai inférieur à 56 jours (cible : 100 %). Le délai moyen était l’an dernier d’environ 30 jours pour les personnes devant subir une chirurgie oncologique, calcule le ministère.

Là encore, les pires performances appartiennent à des établissements de la région de Montréal. 

Temps-réponse en pathologie

Autre résultat contenu dans le Bulletin : le temps-réponse en pathologie, un indicateur qui «s’inscrit dans la continuité des travaux du projet Optilab visant l’accessibilité et l’efficience des services diagnostiques au Québec», explique le ministère. 

En date d’avril 2016, seulement 20 des 46 laboratoires (43,5 %) ayant analysé des spécimens de chirurgie pour un cancer (et participé à la compilation des données) atteignaient la cible de performance de 12 jours et moins. 

Il s’agit néanmoins d’une amélioration depuis novembre 2014, alors que seulement 31,9 % des laboratoires atteignaient la cible de moins de 12 jours, note le ministère. 

En ce qui concerne le temps-réponse en pathologie pour les biopsies «avec techniques spéciales de niveau 1 [suspicion de cas de cancer]», seulement 14 des 45 laboratoires, soit 31 %, atteignaient en 2016 la cible attendue de sept jours et moins.

Délais en radio-oncologie

Le Bulletin révèle par ailleurs que pour l’année 2016-2017, trois des 12 établissements, soit le CHU de Québec, le CHUS et le CHUM, n’ont pas respecté la cible de performance (moins de 28 jours) pour l’accès aux traitements en radio-oncologie pendant au moins une période de l’année. La cible a toutefois été atteinte par la totalité des établissements pour la période du 1er septembre au 29 septembre 2017, prend-on soin de préciser.