Après le CHUM, c'est la deuxième fois qu'un tel système de véhicules autoguidés, utilisé dans plusieurs hôpitaux européens, sera implanté dans un hôpital du Québec.

Des robots dans le nouveau complexe hospitalier

Comme au CHUM, des robots seront utilisés pour transporter fournitures médicales, échantillons sanguins, literie, repas et déchets sur le site du nouveau complexe hospitalier (NCH), a appris Le Soleil.
Le CHU de Québec vient de lancer un appel d'offres pour assurer les activités de transfert et de déménagement liées au NCH. On y apprend que les trois pôles du futur complexe hospitalier (le Centre intégré de cancérologie, les soins critiques et le bâtiment existant de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus) seront équipés de «véhicules autoguidés».
«Ce nouveau mode de fonctionnement sera utilisé par la logistique pour assurer la déserte, entre autres, des unités de soins, des laboratoires et des services alimentaires répartis sur le site du NCH. Le prestataire de service devra soutenir le CHU de Québec dans le déploiement et l'utilisation adéquate de cette nouvelle technologie», précise-t-on dans le volumineux appel d'offres. 
Au bout du fil, Josianne Vignola, conseillère en communications pour le NCH, précise que les chariots-robots, qui suivront une trajectoire précise, feront le lien entre les trois bâtiments du mégahôpital. «Ils vont transporter toutes sortes de marchandises, dont certains types de médicaments, des échantillons de laboratoire, des repas, des ordures... Il y a aura même un car wash pour ces véhicules» énumère Mme Vignola. 
Après le CHUM, c'est la deuxième fois qu'un tel système, utilisé dans plusieurs hôpitaux européens, sera implanté dans un hôpital du Québec, précise la porte-parole. 
Livré en 2025 au coût de 1,9 milliard $, le projet du mégahôpital, qui a nécessité l'élaboration d'une cinquantaine de plans de transition, exige une préparation sans faille, comme en témoigne le très détaillé appel d'offres publié cette semaine par le CHU de Québec. 
«Le prestataire devra démontrer une grande flexibilité et une capacité d'adaptation aux différents changements inévitables dans un projet de cette envergure en termes de superficie (240 000 m2) et de durée (huit ans)», souligne-t-on.
Le CHU de Québec précise que le projet nécessitera le déménagement temporaire de certaines unités fonctionnelles «pour des périodes plus ou moins longues». Ces unités temporaires devront être pensées en fonction des besoins particuliers des clientèles et «avec un souci élevé de sécurité», écrit l'établissement. 
Un défi pour les équipes de soins
Le prestataire de service devra également «tenir compte de la capacité des équipes à supporter un mode de fonctionnement temporaire sur deux sites avec les contraintes humaines, logistiques et financières que cela comporte, et ce, sans négliger les impacts sur la compétitivité des équipes de recherche clinique et les exigences liées aux divers programmes d'enseignement». 
Un plan de gestion des risques est en cours d'élaboration, mais déjà, le CHU de Québec a identifié quelques risques touchant les ressources humaines, dont «l'essoufflement des équipes». 
L'établissement explique que «la capacité des équipes déjà surchargées à s'impliquer dans la planification du projet NCH tout en assurant les responsabilités du quotidien relève du défi» et que «les difficultés vécues peuvent affecter leur mobilisation ou encore entraîner des délais».
Autre risque identifié par le CHU de Québec : la disponibilité de la main-d'oeuvre qualifiée. «Un appel substantiel de main-d'oeuvre additionnelle se fera sentir pendant les périodes difficiles de fonctionnement temporaire sur deux sites et pendant les pointes de travail entourant les transferts d'activités», prévoit-il.