Poisson d'argent

Des «poissons d’argent» à l’hôpital

Vous en avez peut-être déjà vu dans votre salle de bains, les lépismes argentés, communément appelés «poissons d’argent», peuvent élire domicile n’importe où, tant qu’il y a de la chaleur et de l’humidité. Y compris dans un hôpital. Si ces insectes rampants sont tout à fait inoffensifs, il peut être difficile de s’en débarrasser, si l’on en juge par la situation à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

La situation nous a été rapportée par une source qui a préféré ne pas être identifiée. Cet été et jusqu’au début du mois de décembre, elle aurait vu plusieurs poissons d’argent «de bonne taille» dans le secteur regroupant la laverie, la cafétéria et l’entrée des cuisines de l’IUCPQ. Outre «les plafonds qui coulent, les salles de bains bouchées ou inutilisables, ou encore les températures atteignant parfois plus de 30 °C sur certains étages», la présence de ces indésirables serait selon elle «le problème le plus flagrant» dans l’hôpital. 

«Pratiquement tous les jours, je voyais des dizaines de ces affreux insectes. […] Il y en avait vraiment beaucoup, et à plusieurs endroits : cafétéria, près des cuisines, fond des poubelles, corridors et près des machines distributrices. […] Je ne sais pas depuis combien de temps ces insectes étaient présents, mais au moins depuis quelques mois, selon mes observations et les témoignages que j’ai recueillis», rapporte notre source.

Vérification faite auprès de l’IUCPQ, le service des communications nous a d’abord mentionné lundi que l’établissement traitait «périodiquement» avec un exterminateur pour éradiquer cet insecte, «trouvé dans la laverie». Le porte-parole, Joël Clément, a assuré qu’il ne s’agissait pas d’une «invasion» car le problème serait «très bien contrôlé dans notre environnement». 

L’exterminateur «contacté»

Lorsque nous lui avons opposé les observations de notre source, Joël Clément nous est revenu en indiquant que l’exterminateur avait été contacté «afin qu’il devance sa visite de prévention mensuelle» et en nous remerciant d’avoir «porté les faits» à son attention. 

M. Clément a mentionné que l’IUCPQ avait un contrat avec une entreprise d’extermination pour le contrôle de la gestion antiparasitaire depuis au moins 2005 pour tenir à distance les insectes et les petits animaux comme les rongeurs. «Cette entreprise vient une fois par mois visiter nos locaux de façon préventive. Au besoin, elle intervient également sur demande», a-t-il précisé par courriel.

Le rapport de visite de l’exterminateur transmis mercredi au Soleil par l’IUCPQ fait état d’un «service de contrôle pour les insectes et rongeurs», de la vérification des «pièges englués» et d’un «traitement au niveau du sous-sol contre les poissons d’argent». «Traitement complet périmètre des cuisines», indique-t-on aussi dans le rapport. 

«Notre personnel responsable de l’hygiène et de la salubrité sillonne quotidiennement tous les corridors et locaux. Dès qu’une irrégularité est constatée, notre personnel intervient immédiatement et n’hésite pas à faire appel à notre exterminateur professionnel, lorsque cela le nécessite», a par ailleurs assuré le porte-parole de l’IUCPQ, ajoutant que l’établissement respectait les «plus hauts standards en matière de prévention, d’hygiène et de salubrité». 

«Nous nous conformons aussi au programme d’entretien préventif du MSSS. Nos cuisines et autres installations sont également visitées par le MAPAQ afin d’assurer que toutes les normes d’hygiène soient respectées dans nos secteurs alimentaires», a encore précisé M. Clément.

Interrogé sur les causes de la présence des insectes à l’IUCPQ et l’apparente difficulté à s’en débarrasser, Joël Clément a simplement réitéré qu’il ne s’agissait pas d’une «invasion d’insectes», et que les «quelques lépismes argentés ont été trouvés à la laverie et près des portes à cause notamment du milieu chaud et humide de ce secteur d’activité».

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Poissons d'argent 

Les lépismes argentés affectionnent les endroits humides, chauds et sombres des bâtiments, le niveau d’humidité élevé favorisant leur développement. Ces insectes, qui se réfugient dans les fissures et les passages étroits, peuvent vivre dans les sous-sols, les greniers, les salles de bains, les cuisines et dans toute construction où il y a des fuites d’eau. Ils profiteraient du transport de nouveaux équipements, meubles, vêtements ou aliments pour s’introduire dans les bâtiments. Le lépisme argenté mange de tout : matières végétales, céréales, farines, sucre, moisissures fongiques, matières organiques, boules de coton, papier, amidons, insectes morts, champignons microscopiques, poussière... Si son apparence est repoussante, rassurons-nous : il ne cause généralement aucun dommage aux habitations et ne présente aucun danger direct pour l’être humain (il ne pique pas, n’irrite pas et ne transmet aucune maladie). 

Source : Alerte Animal, exterminateur à Montréal