Depuis octobre 2013, c'est le Réseau Sélection qui a en poche le contrat. L'entreprise exploite environ 35 résidences pour les aînés, selon son site Web. À Québec, l'unité de 30 lits est installée à la Clairière du boisé, sise sur le boulevard Père-Lelièvre.

Des millions pour soigner les patients au privé

Les PPP, ces fameux partenariats public-privé, reviendraient-ils à la mode? Après un «projet pilote» de quelque 4 millions $ qui aura duré trois ans et demi, le Centre de santé de la capitale a décidé de pérenniser un contrat qui permet d'envoyer les patients ayant reçu des soins aigus finir leurs traitements dans une résidence privée, a constaté Le Soleil. La nouvelle entente de cinq ans vaudra 6 millions $.
L'objectif n'est pas d'économiser. «Ce n'est pas une question d'argent», convient Carl Dumais, directeur adjoint au Programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS-CN). 
Alors pourquoi un nouveau contrat est-il offert au secteur privé? «Il y a des enjeux beaucoup plus gros que le coût», explique sa collègue Sylvie St-Pierre, qui est responsable des ressources d'hébergement au CIUSSS. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, veut libérer des lits dans les hôpitaux le plus rapidement possible. Le réseau doit suivre. 
«On a ce virage-là à faire», résume Carl Dumais.
Il est quand même question de sommes importantes. Que devra offrir l'entreprise qui raflera la mise? Comme c'est déjà le cas pour le «projet pilote» qui s'étire, il y aura 30 lits de «soins post-aigus» dans cette unité. Le propriétaire des lieux devra fournir les chambres, les repas, l'entretien ménager, la surveillance. Le contrat prévoit qu'une infirmière auxiliaire et quatre préposés seront présents le jour. Moins le soir. La nuit, deux préposés suffiront.
Employés du public
Mais les soins, les traitements, sont prodigués par des employés du réseau public qui travaillent dans le centre privé : des infirmières, des techniciens en réadaptation physique et une agente administrative. Depuis octobre 2013, leurs salaires ont coûté environ 2 millions $, peut-être 2,4 millions $. Si les mêmes salaires sont maintenus, si le même niveau de service est maintenu, la rémunération payée par le réseau sera d'environ 3,4 millions $ pour les cinq ans à venir. 
Donc, l'unité de 30 lits et les soins coûteront plus de 9,4 millions $ au cours des cinq prochaines années.
Depuis octobre 2013, c'est le Réseau Sélection qui a en poche le contrat - l'entreprise exploite environ 35 résidences pour les aînés, selon son site Web. À Québec, l'unité de 30 lits est installée à la Clairière du boisé, sise sur le boulevard Père-Lelièvre.
L'entreprise reçoit la rétribution - qu'on évalue à un peu moins de 110 $ par jour par lit -, peu importe que des patients soient logés ou non. Durant le projet pilote, on a estimé que les lits étaient occupés environ 85 % du temps.
«Ce n'est pas qu'on veut aller au privé»
«L'objectif, ce n'est pas d'aller au privé. Ce n'est pas qu'on veut aller au privé.» 
Attablé dans un bureau du siège social du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS-CN), Carl Dumais explique que le réseau public cherche un entre-deux. 
Un endroit où soigner les patients qui ont reçu des traitements pointus, mais qui n'ont plus besoin de toute l'infrastructure lourde de l'hôpital. 
«Ils occupent un lit.» Ces patients ne sont pas prêts pour un retour à la maison, même avec des soins à domicile. «Il faut avoir un endroit où ils vont transiter.» 
Le CIUSSS-CN a opté pour l'idée d'acheter de lits dans une résidence privée et d'y prodiguer les soins. L'objectif est d'y faire transiter des patients qui n'ont pas besoin de plus de 21 jours de soins.