Sylvie Gérin Lajoie, directrice générale de la fondation En Coeur, et Claude Baillargeon, père de deux enfants atteints de malformations cardiaques. 

Des espaces de réconfort au CHUL pour les parents

Grâce à la générosité des donateurs de la Fondation En Coeur, deux salons des familles ont été aménagés pour la clientèle de cardiologie pédiatrique du CHUL afin de permettre aux parents de vivre plus sereinement la chirurgie ou l'hospitalisation de leur enfant.
À l'origine de cette initiative, Harold Bouffard, père d'un enfant aujourd'hui décédé qui avait appris la triste nouvelle dans un couloir froid de l'hôpital, a-t-on expliqué mercredi lors de l'inauguration des salons.
Papa de deux enfants atteints chacun de quatre malformations cardiaques, Claude Baillargeon sait mieux que personne combien ces espaces étaient nécessaires, lui qui a pu en profiter cet été et vivre «plus confortablement» l'angoisse liée à la dernière intervention chirurgicale de plus de 10 heures subie par son aîné. «Du moment du diagnostic jusqu'aux différentes interventions, on vit un stress énorme», a souligné M. Baillargeon, qui se réjouit de savoir que les parents n'auront plus à vivre l'interminable attente dans les corridors, sans intimité.
La Dre Christine Houde, chef du département de cardiologie pédiatrique du CHUL, est aussi d'avis que l'aménagement des salons répondait à un réel besoin. «On rencontre des familles qui sont dans une situation de crise. [...] Il leur fallait un endroit paisible, où ils peuvent regarder la télévision, par exemple. Même si la majorité du temps, on a des bonnes nouvelles à leur annoncer, les parents vivent de longues heures d'angoisse. Et comme ils ne veulent pas partir le temps de l'hospitalisation de leur enfant, qui peut parfois durer quelques jours, ça leur permet d'avoir un endroit pour faire  un peu de camping», explique la Dre Houde.
La spécialiste rappelle qu'un enfant sur 100 naît avec une malformation cardiaque congénitale, et que ces malformations, 10 fois plus fréquentes que le cancer, sont la principale cause de décès chez les enfants atteints d'une anomalie congénitale. «Même si le taux de mortalité est moins élevé aujourd'hui [grâce notamment à l'amélioration des procédures chirurgicales], il y a quand même des risques en salle d'opération» qui rendent l'attente angoissante, rappelle la Dre Houde.