«J'étais en direction du cimetière», se souvient Marc Thomassin, 75 ans, à propos de l'époque préopératoire. Et sa femme, Marcelle Théberge, peut en témoigner, elle qui a assisté, impuissante, aux nombreuses hospitalisations de son mari de 2005 à 2010.

Des coeurs mécaniques à la rescousse

Marc Thomassin n'avait pas joué au golf depuis 10 ans. De son propre aveu, il se «décomposait» à cause de son coeur fatigué. Aujourd'hui, il s'entraîne trois fois par semaine, et a même récemment partagé le terrain de golf avec son cardiologue. Ce regain, il le doit à son coeur... devenu mécanique.
«J'étais en direction du cimetière», se souvient M. Thomassin, 75 ans, à propos de l'époque préopératoire. Et sa femme, Marcelle Théberge, peut en témoigner, elle qui a assisté, impuissante, aux nombreuses hospitalisations de son mari de 2005 à 2010.
Il y a six ans, alors qu'il souffrait d'insuffisance cardiaque avancée, M. Thomassin s'est fait parler pour la première fois de cette technique médicale qui consiste à introduire un dispositif d'assistance ventriculaire gauche - ou coeur mécanique - dans la cage thoracique du patient. Il avait alors deux choix: plonger ou descendre par l'échelle et espérer. Il a plongé.
«Je ne suis jamais retourné à l'hôpital pour un problème cardiaque», confiait-il au Soleil mercredi à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), lors d'une conférence de presse servant à marquer l'implantation de 56 coeurs mécaniques en sept ans par l'équipe de l'IUCPQ.
Éric Charbonneau, chirurgien cardiaque, a réalisé près des trois quarts de ces opérations. Il explique que la technique du coeur mécanique ne remplace pas la transplantation cardiaque, mais elle crée un «pont» durant l'attente d'un coeur. «La majorité de nos patients [recevant un coeur mécanique] sont des patients qui sont éligibles à une greffe, qu'on met sur la liste de greffe, mais qui se détériorent», explique le Dr Charbonneau. Le dispositif d'assistance ventriculaire- qui coûte à lui seul 125 000$- permet dans ces cas de maintenir l'état de santé des patients stable en attendant la transplantation cardiaque. Période d'attente qui, en moyenne, avoisinait les 360 jours il y a deux ans, et durant laquelle meurent 25 % des patients, précise le Dr Charbonneau.
«On leur fait un pont avec [le coeur mécanique]. On les reconditionne pour qu'ils soient de meilleurs candidats à la greffe, et qu'on ne les laisse pas décéder sur la liste de greffes.»
<p>Marc Thomassin et Maxime Gallant sont deux des patients ayant trouvé un second souffle grâce à une technique médicale consistant à leur installer un coeur mécanique.  </p>
Permanent ou transitoire
Chez d'autres patients, l'installation permanente d'un coeur mécanique est préférable à la transplantation. C'était le cas de Marc Thomassin, qui vit depuis maintenant six ans avec son moteur électrique.
Et dans 10 % des cas, l'intervention qui ne devait qu'être transitoire devient une solution à long terme. Le coeur fatigué reprend alors des forces, et en vient à ne plus nécessiter d'aide mécanique. 
Maxime Gallant, 25 ans, a vécu ce petit miracle. En mai 2013, l'équipe de l'IUCPQ lui a implanté un coeur mécanique à cause d'une infection bactérienne qui s'est attaquée à son coeur. «J'étais toujours essoufflé, je dormais partout, je n'avais pas d'énergie, parce que mon coeur était insuffisant», raconte-t-il.
Un an et demi plus tard, son coeur s'était si bien remis au travail que ses médecins ont pu procéder à l'extraction du dispositif d'assistance ventriculaire. Et aujourd'hui, «mon coeur fonctionne normalement».