Le commissaire à la santé, Robert Salois

Des citoyens dénoncent l'abolition du chien de garde en santé

Des représentants du Forum de consultation du Commissaire à la santé et au bien-être dénoncent à leur tour l'abolition de cet organisme indépendant par le gouvernement Couillard, qui «décapite en même temps, sans débat public, une expérience de participation citoyenne exceptionnelle».
Dans une lettre envoyée au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et signée par une cinquantaine de personnes, on rappelle que le Commissaire accordait une place prépondérante aux préoccupations des citoyens.
«Le Forum de consultation, permanent et souverain, absolument non partisan, est composé de 25 citoyens et citoyennes de toutes les régions du Québec et de tous les milieux. Une étudiante montréalaise y a côtoyé une jeune mère du Nunavik, une naturopathe anglophone et un retraité d'Hydro-Québec [...]. Depuis 2008, près de 100 personnes ont participé ou participent au Forum bénévolement», précisent ceux qui ont été nommés pour un mandat de trois ans et qui ont «consacré des dizaines d'heures à analyser des dossiers souvent complexes» et à en débattre.
«Même sur des sujets difficiles et controversés, comme le financement de la procréation assistée, nous sommes arrivés à un consensus, au nom du bien commun», illustrent les signataires, ajoutant que «comme citoyens, nous sommes les premiers à bénéficier du système de santé et des services sociaux, mais aussi les premiers touchés par ses lacunes».
«Comme citoyens - et contribuables -, nous voulons d'un système qui place les personnes [et non les programmes, les médecins ou les hôpitaux] au centre des services. Nous croyons entre autres qu'il faut investir davantage en prévention et moins en salaires aux médecins, plus en santé mentale et moins en examens diagnostiques superflus, qu'il faut donner plus de responsabilités aux infirmières et autres professionnels compétents afin d'accueillir plus de gens en première ligne», énumèrent les auteurs de la missive.
Dans son dernier budget, le gouvernement Couillard a choisi d'éliminer en catimini le poste de Commissaire à la santé et au bien-être, qui regroupait une douzaine de chercheurs et qui avait pour mandat d'évaluer, en toute indépendance, l'efficacité et la pertinence des politiques et programmes adoptés par le ministre de la Santé. Sa mission sera confiée au ministère de la Santé et à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS).