Un homme subit un test de dépistage du cancer de la prostate.

Des cancers en baisse... surtout chez les hommes

La fréquence de certains cancers, en prenant la structure d'âge de la population de 1991 comme base de comparaison, a légèrement diminué au cours des dernières années, selon Statistique Canada.
On observe cette baisse principalement chez les hommes. Ainsi, le taux d'incidence normalisé du cancer de la prostate est passé de 125 en 2000 à 107,1 cas par 100 000 habitants en 2010. On constate la même tendance pour le cancer du poumon et des bronches dont le taux d'incidence a diminué de 77,1 à 61,6.
Une amélioration a également été notée du côté du cancer du côlon et du rectum. Il n'y a pas eu de changement significatif quant au cancer de la vessie et à celui du lymphome hodgkinien.
Chez les femmes, la fréquence du cancer du sein n'a presque pas changé entre 2000 et 2010. Le taux normalisé par 100 000 habitants était de 102 en 2000 et de 100, dix ans plus tard.
Par contre, le taux d'incidence du cancer de la thyroïde a doublé en 10 ans chez les femmes. Celui de l'utérus a légèrement augmenté alors que le cancer du rectum a diminué pendant la même période. La fréquence du cancer du poumon et des bronches est demeurée la même.
Meilleures habitudes de vie
Le porte-parole de la Société canadienne du cancer pour le Québec, André Beaulieu, explique principalement la baisse de l'incidence de certains cancers par la réduction du tabagisme, de meilleures habitudes de vie.
En utilisant les données de la population de 1991, Statistique Canada a voulu éviter que la signification des données soit déformée par le vieillissement de la population. Le cancer est susceptible de toucher davantage les personnes plus âgées. Malgré une diminution du taux d'incidence pour certains cancers, le nombre total de cancers au Canada a augmenté de 137 700 à 170 000 entre 2000 et 2010.
«Les gens pensent qu'il y a davantage de cancers aujourd'hui, mais dans les faits, c'est faux. C'est parce que collectivement, on est plus âgés. Dans les années 70, l'âge moyen était de 25 ans. Aujourd'hui, on est à 41 ans. On a eu un vieillissement important. Il y a aussi l'accroissement démographique», a commenté M. Beaulieu.
Le cancer du sein toujours premier
Chez les femmes, le cancer du poumon qui est associé au tabac est passé de la troisième à la deuxième place devant le cancer du côlon et du rectum. Celui du sein demeure le plus fréquent. Le cancer de la thyroïde est passé de la neuvième place en 2000 et à la cinquième, 10 ans plus tard. Au total, 82 885 cancers ont été diagnostiqués chez les femmes au Canada en 2010.
«On comprend mal pourquoi on voit le nombre de cas de cancer de la thyroïde augmenter chez les femmes. On suspecte que c'est à cause des meilleures méthodes de diagnostic. On en décèle plus qu'avant surtout à un stade précoce. Le taux de survie de ce cancer est de 98 %», a dit le porte-parole de la Société canadienne du cancer pour le Québec.
Chez les hommes, le cancer de la prostate est toujours au premier rang des cancers les plus fréquents. Il est suivi par les cancers du poumon, du côlon, de la vessie et du lymphome non hodgkinien. Ce classement est le même qu'en 2000.