Le projet de loi 41, qui autorise les pharmaciens à offrir sept nouveaux services, a été adopté en 2011.

Dépenses en santé: au tour des pharmaciens d'être visés

Un haut dirigeant de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) suggère au gouvernement Couillard de se tourner aussi vers les pharmaciens pour réduire les dépenses en santé, au lieu de se limiter à étaler la hausse de rémunération des médecins de famille et des médecins spécialistes.
«On est prêts à faire notre part, mais ce qu'on nous demande doit être réaliste et proportionnel à l'effort collectif. Ce n'est pas vrai que nous allons être les seuls à être pénalisés. Il y a plusieurs secteurs où l'on pourrait économiser en optimisant certaines manières de procéder», a soutenu le Dr Marc-André Amyot, dans un texte publié dans la dernière édition de la revue de la Fédération. Le Dr Amyot est le premier vice-président de la FMOQ et président de l'Association des médecins omnipraticiens de Laurentides-Lanaudière.
Pour réduire le paiement d'honoraires aux pharmaciens, le médecin propose que le renouvellement mensuel de médicaments puisse être fait tous les trois mois à l'avenir. «Lorsqu'un patient prend un antihypertenseur depuis cinq ans, est-ce que le pharmacien a besoin de renouveler sa prescription tous les mois et de facturer des honoraires alors qu'il pourrait le faire tous les trois ou quatre mois, comme c'est le cas dans d'autres provinces? Ces renouvellements mensuels coûtent une fortune à la province. Le gouvernement aura-t-il le courage de s'attaquer à ce problème?» a-t-il demandé.
D'autre part, le Dr Amyot estime que l'accès à un médecin de famille pour les milliers de personnes qui n'en ont pas est compromis en raison du report de l'augmentation de la rémunération. «Nous sommes paralysés. C'est l'effet néfaste de toute la question du report des hausses. La Fédération avait un plan pour améliorer l'accès à la première ligne, mais à l'heure actuelle tout est mis sur la glace. Il n'y a plus de discussions avec le gouvernement», a indiqué le vice-président de la Fédération.
Par ailleurs, l'adoption d'une loi spéciale pour imposer l'étalement des hausses de rémunération ébranlerait la confiance envers le gouvernement d'appliquer des ententes convenues de bonne foi. «C'est toute la confiance du monde extérieur face à un État qui renie ses signatures antérieures qui est en jeu. Quand on signe une entente, il faut être conscient de ses répercussions et ne pas le faire si on pense ne pas être capable de l'honorer», a soutenu le Dr Amyot.
Soir et fin de semaine
Selon le vice-président de la FMOQ, un meilleur accès à un médecin de famille ne passe pas uniquement avec une hausse de la rémunération. Il croit que davantage de docteurs devront accepter de travailler le soir et la fin de semaine.
«Est-ce que les omnipraticiens vont devoir en faire plus? Probablement que certains le devront. Je dirais que le médecin qui ne travaille jamais le soir ou la fin de semaine devra peut-être se poser des questions sur son offre de service. Ces périodes doivent être couvertes», a-t-il exprimé.
«Les médecins d'urgence travaillent déjà le soir, la fin de semaine et la nuit. Il faut faire un partage équitable des tâches entre les différents omnipraticiens. On ne doit toutefois pas le faire de manière coercitive, mais toujours de manière incitative», a ajouté le Dr Amyot.
Jusqu'à maintenant, les pourparlers entre le ministre Gaétan Barrette et les deux fédérations de médecins (omnipraticiens et spécialistes) n'ont pas permis d'en arriver à une entente.