De plus en plus d'appuis à la demande de moratoire sur OPTILAB

De plus en plus de municipalités se joignent à la demande de moratoire sur la réorganisation des laboratoires dans les établissements de santé du Québec.
Une dizaine de municipalités (Amqui, Rivière-du-Loup, Gaspé, MRC du Rocher-Percé, Sept-Îles, MRC de la Haute-Gaspésie, Les Escoumins, Sorel-Tracy, Havre-Saint-Pierre et Port-Cartier) ont jusqu'ici signifié leur appui à la demande de moratoire lancée par l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui juge «précipitée» la réorganisation des laboratoires par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 
Le projet, appelé OPTILAB, vise à centraliser la majorité des analyses en laboratoire dans quelques établissements seulement, réduisant fortement les activités des laboratoires de nombreux hôpitaux au Québec.
Selon l'APTS, «les municipalités sont à même de constater les dégâts qui seront engendrés par cette énième réforme du ministre», alors qu'OPTILAB se traduira par des centaines de pertes d'emplois de technologistes médicaux. 
Le projet prévoit, entre autres, que les échantillons prélevés auprès de patients de Gaspé devront maintenant être analysés à Rimouski et ceux de Sept-Îles, à Chicoutimi, ce qui représente respectivement des distances de 385 km et de 550 km. Or, selon l'APTS, plus un échantillon voyage, plus les risques sont grands qu'il soit endommagé ou carrément perdu, comme ça s'est vu récemment à Montréal et à Amos.
«À l'instar des maires, de plus en plus de médecins spécialistes, qui travaillent au quotidien avec nos membres, s'inquiètent des conséquences de la réforme sur leur travail et sur leurs patients. Qu'attend le ministre pour écouter ces voix discordantes?» demande dans un communiqué diffusé mercredi la présidente de l'APTS, Carolle Dubé, dont le syndicat compte au cours des prochaines semaines solliciter l'appui d'autres municipalités à sa demande de moratoire.
Mais le ministre Barrette n'a pas l'intention de donner suite à cette demande. «C'est un projet qui sera concrétisé mais pas précipité. Nous planifions actuellement le tout en ayant en tête la sécurité et la traçabilité. Il est important de rappeler que les analyses urgentes ou dont le transfert mettrait en péril la stabilité d'un échantillon continueront d'être analysées localement», a assuré l'attachée de presse du ministre, Julie White.