L'EpiPen est utilisé pour traiter rapidement des réactions allergiques graves.

De 100 $US à 600 $US: la flambée du prix de l'EpiPen soulève la grogne de l'Oncle Sam

L'augmentation rapide du prix d'un médicament antihistaminique fréquemment prescrit pour les enfants crée une nouvelle polémique aux États-Unis, un sénateur républicain ayant demandé au laboratoire Mylan qui le commercialise de justifier cette hausse.
«Dans le cas d'EpiPen, je suis préoccupé par la forte hausse du prix qui pourrait réduire l'accès à un médicament essentiel», a écrit le sénateur Chuck Grassley à Heather Bresch, la PDG de Mylan dans une lettre publique. Il précise qu'il a été contacté par certains électeurs de l'État de l'Iowa (centre) se plaignant d'avoir payé plus de 500 dollars pour un auto-injecteur alors qu'il est périmé au bout d'un an.
L'EpiPen est utilisé dans le cas d'allergies sévères et notamment pour les enfants. Selon le New York Times, son prix est passé progressivement de 100 dollars à plus de 600 dollars entre 2007 et mai dernier.
Les laboratoires Mylan ont répondu dans un communiqué qu'ils avaient mis un programme de coupon qui permettait à 80% des personnes devant utiliser ce médicament de ne rien avoir à débourser pour l'acheter ainsi qu'un autre programme de distribution dans les écoles portant sur 700 000 auto-injecteurs depuis 2012.
Clinton en faveur d'une législation
Le débat sur le prix des médicaments fait rage depuis plusieurs mois aux États-Unis et plusieurs auditions ont déjà été organisées au Congrès sur ce thème. La candidate démocrate à l'élection présidentielle de novembre, Hillary Clinton, a indiqué qu'elle entendait mettre en place une législation sur la question si elle était élue.
Les laboratoires Turing avaient notamment augmenté il y a un an de quelque 5000% le prix d'un médicament, le Daraprim, utilisé contre le paludisme et des co-infections du sida. Depuis, l'ex-PDG de Turing, Martin Shkreli, a été inculpé pour des motifs différents et est en attente de son procès.
Un autre laboratoire, le canadien Valeant, qui avait aussi pratiqué des augmentations rapides du prix pour plusieurs de ses médicaments, a été la cible d'accusations de manipulations comptables et a vu son titre fortement chuter en Bourse. Son PDG, Michael Pearson, avait démissionné au printemps.