La pharmaceutique de Québec Medicago, qui se spécialise dans les vaccins à base de plantes, espère avoir un produit disponible contre la COVID-19 d’ici «un peu plus d’un an» si tout va bien.

COVID-19: un «candidat-vaccin» chez Medicago

L’entreprise de Québec Medicago a annoncé jeudi avoir mis au point une «particule pseudo-virale» qui pourrait servir de vaccin potentiel contre la COVID-19. La biopharmaceutique se dit prête à commencer dès maintenant les «tests précliniques» sur des animaux, et espère obtenir le feu vert pour démarrer des essais cliniques sur l’humain dès cet été. Mais dans le meilleur des cas, il faudra compter plus d’un an avant d’avoir un vaccin prêt.

«C’est sûr que c’est encore préliminaire, mais il reste que ça nous a pris seulement 20 jours pour produire un premier candidat-vaccin, ce qui est extrêmement rapide si on compare à la pandémie de 2009 [ndlr : la «grippe porcine»] où ça nous avait pris des mois avant d’avoir un premier vaccin parce que le virus était de souche aviaire et tuait les embryons de poulet dans lesquels on tentait de le faire se multiplier», dit Nathalie Charland, directrice senior des affaires scientifiques et médicales chez Medicago.

Beaucoup de vaccins fonctionnent en présentant au système immunitaire des microbes désactivés, voire des «morceaux» de microbes, et c’est de cette manière que le vaccin de Medicago, s’il traverse toutes les étapes jusqu’à la mise en marché, procédera. En effet, ses «particules pseudo-virales» (PPV) sont des protéines que l’on retrouve à la surface du COVID-19 et qui sont présentées dans une double couche de lipide — exactement comme elles se présentent à la surface de virus dits «enveloppés» comme les coronavirus.

La protéine en question est également présente chez le virus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), un autre coronavirus qui avait infecté 8000 personnes et en avait tué environ 800 en 2003.  Cette protéine «est reconnue pour induire une réponse immunitaire protectrice. Alors si on ajoute à ça le fait que les PPV sont une technologie reconnue comme efficace, on considère que le produit est prêt pour la phase préclinique», dit Mme Charland.

Notons que Medicago a également annoncé jeudi qu’en plus de cette PPV, elle était aussi parvenue à fabriquer des anticorps. Contrairement à un vaccin, injecter des anticorps ne permet pas d’immuniser quelqu’un de manière permanente contre le coronavirus, mais cela pourrait éventuellement servir à traiter des patients déjà malades.

L’entreprise se dit prête à entamer des essais sur des animaux dès maintenant et elle «prévoit discuter avec les agences de santé compétentes pour lancer des essais cliniques humains du vaccin d’ici [l’été 2020]», a-t-elle fait savoir par communiqué de presse. Trois phases d’essais cliniques doivent être franchies avec succès avant qu’un produit (vaccin ou médicament) soit mis en marché afin de s’assurer qu’il est à la fois sécuritaire (phase 1) et efficace (phases 2 et 3). Le tout prend typiquement plusieurs années mais, compte tenu de l’urgence, Mme Charland espère avoir un produit disponible d’ici «un peu plus d’un an» si tout va bien.

Rappelons que Medicago fabrique des vaccins et des anticorps sur une «plateforme végétale». La compagnie possède un procédé qui permet de «manipuler» des plantes de manière et ce qu’elles fabriquent les molécules voulues. Les feuilles sont ensuite récoltées et les vaccins/anticorps en sont extraits, puis purifiés.