Pour le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on ne pouvait pas parler de perte de service avec l'abolition d'une centaine de postes au CIUSSS de la Capitale-Nationale, puisque la «quasi-totalité» des postes destinés à être supprimés sont présentement vacants.

Coupes en santé à Québec: le syndicat appréhende des pertes de service

Accusant le ministre Gaétan Barrette de «désinformation» et de «dévier le débat» concernant les suppressions de postes au CIUSSS de la Capitale-Nationale, le syndicat de l'institution persiste et signe: il y aura des pertes de service au lendemain de ces coupes.
À la suite des révélations du Soleil concernant l'abolition d'une centaine de postes au CIUSSS de la Capitale-Nationale, vendredi, le ministre de la Santé Gaétan Barrette avait tenu «à remettre les pendules à l'heure», le lendemain. Pour lui, on ne pouvait pas parler de perte de service, puisque la «quasi-totalité» des postes destinés à être supprimés sont présentement vacants.
Employés occasionnels
«De la foutaise» et des propos «franchement scandaleux et méprisants» réplique au ministre le président du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS-CSN) de Québec et Chaudière-Appalaches, Danny Roy. C'est que les 66 postes «vacants» de professionnel qui seront supprimés sont «en grande majorité occupés par des employés occasionnels».
«Du jour au lendemain, les services qu'ils offrent seront coupés. C'est clairement une coupure de service et l'on demande au ministre de s'interposer pour arrêter cette coupure-là.»
Certes, Gaétan Barrette a raison lorsqu'il dit que personne ne perdra son emploi. Les employés occasionnels seront réaffectés ailleurs. Mais là n'est pas le débat, assure M. Roy. «On ne défend pas des emplois, présentement, on défend des services. Le ministre n'aime pas quand les syndicats se mêlent de cela, mais c'est une mission très claire avec nos membres de défendre les services à la population.»
C'est que l'intolérance du ministre de la Santé fait que les professionnels n'osent plus dénoncer la situation individuellement, de peur de faire face à des mesures disciplinaires ou d'être mis de côté s'ils tiennent de tels propos, affirme le président du syndicat. C'est donc au SPTSSS-CSN de dénoncer la situation. «Le ministre veut nous faire taire, mais on ne se taira pas».
Quant au fait que le CIUSSS de la Capitale-Nationale est particulièrement performant, en ce qui a trait à l'attente, Danny Roy estime que le tout à un coût. «Nos équipes sont épuisées et en surcharge. Elles ne sont plus capables».