Véronique Hivon a porté l’épineux dossier des soins de fin de vie jusqu’à l’adoption d’une législation par l’Assemblée nationale.

Couper les soins palliatifs est hors-la-loi, critique Hivon

La députée Véronique Hivon somme la ministre de la Santé de secourir sans délai les patients orphelins depuis la fermeture des cliniques externes de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec et de l’Enfant-Jésus. Ce déni de services est hors-la-loi, charge la péquiste.

«Je trouve ça très choquant», lance, en entrevue téléphonique, l’élue qui a porté l’épineux dossier des soins de fin de vie jusqu’à l’adoption d’une législation par l’Assemblée nationale. «Je trouve ça complètement inacceptable que des gens qui sont dans des situations de très grande souffrance, de maladies très graves, […] que du jour au lendemain ces personnes soient carrément laissées à elles-mêmes sans préavis en se faisait dire que les soins qu’ils recevaient, que le suivi qu’ils recevaient, sont arrêtés.»

Mme Hivon réagissait à des articles publiés cette semaine dans Le Soleil. Notamment le témoignage d’un homme, atteint d’un cancer invasif, qui a appris à la dernière minute que son rendez-vous en soins palliatifs était annulé. Et qu’il devait aller voir son médecin de famille pour avoir ses nombreux médicaments… alors qu’il n’a pas de médecin de famille.

«C’est totalement choquant d’un point de vue humain, c’est totalement choquant d’un point de vue médical», déplore Véronique Hivon.

«Ce n’est pas du tout, du tout, respectueux de ce qui est prévu à la Loi sur les soins de fin de vie. La loi […] a vraiment consacré un droit, écrit noir sur blanc, à obtenir des soins palliatifs pour une personne dont l’état de santé le requiert.»

Les patients de Québec sont victimes d’un «abandon de services», déplore-t-elle.

«On voit à quel point ça a un impact direct et dramatique. Quand vous êtes en souffrance, quand vous êtes à un stade très avancé d’une maladie grave comme un cancer stade 4 métastatique, l’impact que ça peut avoir physique, évidemment, sur le contrôle de votre douleur, mais aussi psychologique sur le sentiment de ne plus être accompagné, c’est énorme», observe-t-elle. «Alors je ne comprends pas comment ça a pu se produire sans avertissement, sans plan de transition.»

La députée de l’opposition exige «tout de suite» une intervention de la ministre de la Santé Danielle McCann pour que les patients soient pris en charge. Ensuite pour corriger les maux qu’aurait causés la réforme du réseau de l’ex-ministre Gaétan Barrette afin que les médecins retournent dans les cliniques de soins palliatifs.

«L’inverse des bonnes pratiques»

«Ce qui est très choquant, c’est que ce qu’il se passe en ce moment, c’est l’inverse des bonnes pratiques.» Ces «bonnes pratiques» veulent que les patients dont une maladie souffrante réduit l’espérance de vie obtiennent «le plus tôt possible», avant d’être alités à l’hôpital, les soins médicaux leur permettant de regarder le sablier s’écouler à la maison.

Elle juge la situation actuelle d’autant plus «illogique» qu’elle pourrait engendrer des effets secondaires : «Cette décision-là risque […] de mener à plus d’hospitalisation. Alors que toute la philosophie pour laquelle on se bat pour les soins palliatifs c’est, si possible, d’en donner plus à domicile, d’en donner en clinique externe. Et l’hospitalisation est l’ultime recours.»

«Je m’explique mal comment se fait-il qu’on n’ait pas pu prévenir d’avance les gens.» Il aurait fallu trouver des ressources pour les patients avant de leur annoncer abruptement que les bureaux seraient fermés. «Ça m’apparaît complètement inacceptable et incompréhensible qu’il n’y ait pas eu d’organisation pour une période transitoire tant que la clinique ne pourra pas ouvrir ses portes.»

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