La présidente de la FIQ, Régine Laurent.

Clinique sans médecin à Québec: les demandes affluent

L'ouverture récente d'une clinique de proximité sans médecin à Québec a suscité beaucoup d'intérêt. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a reçu jusqu'à maintenant six demandes pour avoir une telle clinique avec une ou des infirmières praticiennes spécialisées (superinfirmières).
«On a eu des demandes provenant de l'Outaouais, d'arrondissements de Montréal, de la Montérégie. C'est le même problème qu'on constate partout, soit la difficulté de voir un médecin de famille et d'avoir un suivi», a indiqué, jeudi, au Soleil, la présidente de la FIQ, Régine Laurent.
La dirigeante syndicale a toutefois refroidi les ardeurs des communautés qui veulent une clinique de proximité avec des infirmières qui peuvent prescrire des examens de laboratoire et des médicaments.
«Il y a des communautés qui sont plus pressées que notre capacité de le faire maintenant. On essaie de faire comprendre que la première clinique est un projet de recherche. Il faut nous donner le temps d'avoir un certain nombre de données probantes avec les chercheurs de l'Université Laval avant d'aller plus loin», a-t-elle expliqué.
Lors de la présentation de la clinique de proximité pour les secteurs de Saint-Roch et de Saint-Sauveur à Québec, on avait parlé d'un projet de 12 à 18 mois.
Par ailleurs, la présidente de la FIQ a assuré qu'il n'était pas question de créer un système parallèle de soins avec les cliniques de proximité. «Il peut y avoir différents modèles, et on peut travailler avec les structures du réseau de la santé. Quand je regarde une clinique avec une clientèle comme celle dans Saint-Roch et Saint-Sauveur, pourquoi cette clinique ne serait-elle pas directement en lien avec une urgence avec un corridor de services direct?» a-t-elle demandé.
Tout en reconnaissant que l'initiative de la fédération syndicale ne résoudra pas tous les problèmes d'accès à des soins de santé, Mme Laurent estime que le projet de clinique de proximité a le mérite de créer un climat de recherche de solution.
«Il y a plusieurs professionnels en soins qui me disent que ça fait rêver. Souvent, ils me disent que travailler comme ça dans une clinique de proximité avec une prise en charge globale, ils ne seraient plus en deuil tous les jours de leur idéal comme professionnel.»
Par ailleurs, la FIQ n'envisage pas de financer d'autres projets de cliniques de proximité. Pour le projet-pilote à Québec, la fédération syndicale a allongé 150 000 $ pour permettre, entre autres, à des infirmières praticiennes d'exercer dans leur champ de pratique.