Clinique Saint-Vallier: menace réelle de fermeture

La menace est réelle. D'ici peu, des milliers de résidents de la basse ville de Québec et de Limoilou pourraient se retrouver sans clinique. Faute de nouveaux médecins, le Centre médical Saint-Vallier pourrait réduire ses services en cours d'année.
D'ici quelques mois, les médecins de la clinique située dans Saint-Sauveur envisagent de ne plus accueillir au sans rendez-vous des personnes qui ne sont pas inscrites à la clinique. «Le 31 mai prochain, on doit aviser si on renouvelle les locaux pour le 30 novembre. S'il n'y a pas d'entente pour avoir plus de médecins, ça va être légitime de dire qu'on ne peut pas renouveler les locaux pour les patients non inscrits. Il y a urgence», a indiqué au Soleil le Dr André Fréchette, un des responsables de la clinique.
Par la suite, les médecins pourraient devoir réduire les heures de consultation pour les patients inscrits à la clinique avec le départ de médecins à la retraite. Cinq des 10 médecins ont 60 ans et plus. De prochains départs à la retraite pourraient précipiter la fermeture de la clinique qui a été considérée comme un modèle de fonctionnement par le ministère de la Santé.
«Si rien n'est fait, il y a des secteurs qui vont souffrir. À la clinique Saint-Vallier, on est les premiers. Si jamais on disparaît comme GMF [groupe de médecine de famille], il n'y aura plus de GMF de la haute ville jusqu'à la rivière Saint-Charles et Beauport», a affirmé le Dr Fréchette.
«Moins on va être de médecins, plus ce sera difficile d'en recruter des nouveaux, qui sont plus attirés par les grosses cliniques ailleurs à Québec. Or, le problème est que la clientèle de la basse ville est moins mobile. La proximité des docteurs est plus importante pour les gens», a-t-il ajouté.
Le médecin déplore l'inaction de l'Agence régionale de la santé pour trouver des solutions afin d'amener de nouveaux médecins dans la basse ville et à Limoilou. À l'Agence, on a indiqué qu'un plan d'action avait été préparé, sans toutefois en dévoiler le contenu. «On n'a pas eu de discussion sur ce plan d'action. On sait qu'un plan a été préparé en cas de fermeture», a dit le Dr Fréchette.
Les médecins de la clinique Saint-Vallier ne souhaitent pas la fermeture de leur clinique. Ils croient qu'il y a moyen de la sauver. On pense entre autres à une nouvelle planification des effectifs médicaux dans la région qui garantirait un certain nombre de postes de médecin dans chacun des secteurs de la ville.
Ils n'entendent pas se contenter de promesses pour maintenir les heures d'ouverture actuelles. «Le temps où on dit aux gens de faire un effort de plus et on vous promet quelque chose, c'est fini. On ne peut plus croire à ça. Ç'a été dit en 2008 et ça ne s'est jamais fait. Cette fois-ci, ça prend des engagements concrets», a conclu le Dr Fréchette.
Pas de solution
Agnès Maltais prend au sérieux la menace de fermeture de la clinique Saint-Vallier. Pour l'heure, toutefois, la ministre responsable de la Capitale-Nationale n'a pas de solution à annoncer.
«On est sensibilisé mon collègue Réjean Hébert [ministre de la Santé] et moi. Je suis en train depuis quelques mois d'échanger avec le CSSS de la Vieille-Capitale et avec l'Agence de la santé pour être sûre de maintenir la couverture médicale en basse ville», a-t-elle indiqué mardi.