Cigarette électronique: «le remède» pour cesser de fumer

Le médecin français Philippe Presles en est convaincu. La cigarette électronique est le moyen à privilégier pour arrêter de fumer facilement et sans prendre de poids. Beaucoup plus facilement que les timbres de nicotine.
Il vient de publier un livre sur la cigarette électronique dans lequel il répond à plusieurs questions sur le nouveau dispositif, sur les préjugés, les oppositions et les mises en garde de Santé Canada et de la Santé publique au Québec. Il donne également des conseils. La cigarette électronique : enfin la méthode pour arrêter de fumer facilement sera en librairie la semaine prochaine.
«Il n'y a pas de danger avec la cigarette électronique. En préambule, il y a une question toujours à mettre en premier et ne jamais oublier, c'est comment faire pour arrêter l'hécatombe du tabac. Quand j'ai eu le rapport de Santé Canada, cette question n'était jamais posée. Or, aujourd'hui, on n'a aucune solution. Les substituts nicotiniques, c'est 5 % de succès après un an. Dans le meilleur des cas, 10 %, même pas», a-t-il répondu, vendredi, lorsque nous l'avons joint à Paris.
«Quand on croise des fumeurs, ils ont tout essayé pour arrêter de fumer, mais beaucoup n'ont pas réussi. Ils sont condamnés à mourir de leur addiction», a-t-il déploré.
Le Dr Presles sera au Québec la semaine prochaine pour faire la promotion de son livre, mais aussi pour donner une conférence à l'Institut de cardiologie de Montréal. Le Dr Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l'Institut, signe la préface du livre.
Dans la préface, le Dr Juneau fait référence à un des pionniers de la lutte contre le tabac, le Dr Derek Yach, de l'Organisation mondiale de la santé, qui a affirmé que «l'arrivée de la cigarette électronique pourrait enfin diminuer de façon importante le tabagisme tel qu'on le connaît aujourd'hui». Le médecin québécois qualifie de travail remarquable le livre du Dr Presles.
Fantasme
Par ailleurs, le médecin français ne voit pas de risque de «renormaliser» la consommation de cigarettes conventionnelles avec la cigarette électronique, comme le craint la Société canadienne du cancer. À son avis, il est normal au début d'avoir des questionnements.
«Ça fait partie des fantasmes. Il y a un an, quand je me suis intéressé à la cigarette électronique, ça ne me plaisait pas non plus. Pendant toute ma carrière, j'ai diabolisé la cigarette. Et là, on voit arriver quelque chose qui ressemble furieusement à une cigarette, et on nous dit que ce n'est pas dangereux», a-t-il répondu.
Les doutes disparaissent à voir le nombre de personnes qui arrêtent de fumer ou qui réduisent leur consommation de tabac avec la cigarette électronique. «C'était des résultats extraordinaires. Ça vous amène à reconsidérer les choses.»
Pour arrêter de fumer, la cigarette électronique doit contenir une petite quantité de nicotine qui servira au sevrage. «Par contre, il n'y a pas de combustion du tabac. Et c'est la combustion du tabac qui donne les goudrons responsables de cancer, le monoxyde de carbone responsable d'infarctus, et les particules fines solides responsables de bronchites chroniques respiratoires. Ce sont trois grands dangers du tabac», a-t-il résumé.
«Dans le liquide [contenu dans la cigarette électronique], il n'y a rien de dangereux en soi. Les seules inconnues que l'on a, c'est ce que pourraient donner uniquement les arômes de manière inhalée. C'est une inconnue ridicule à côté de la certitude d'avoir des cancers, des infarctus, avec la cigarette conventionnelle», a soutenu le Dr Presles.
Il s'attend à ce que les grandes compagnies de tabac se lancent tous azimuts à la commercialisation de cigarettes électroniques au cours des prochaines années. D'ici 10 ans, on avance qu'il se consommera autant de cigarettes électroniques que de cigarettes conventionnelles.
Le médecin conseille de bien s'informer sur les forums de discussions avant d'opter pour une cigarette électronique. Au Canada, un produit contenant de la nicotine ou qui peut servir de moyen pour arrêter pour fumer doit avoir une homologation de Santé Canada, ce qui ne semble pas le cas pour aucune cigarette électronique jusqu'à maintenant.