Dans certains établissements, il est permis d'aménager un fumoir à l'intention des personnes hébergées en respectant des conditions précises d'installation et de fonctionnement.

CHSLD: fini la cigarette, même dehors

Bientôt finie la cigarette pour les résidents des CHSLD de la région et leurs visiteurs. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale veut interdire le tabac à l'intérieur de tous ses établissements d'ici le 1er avril 2020. Il sera même impossible d'en griller une à l'extérieur de ces bâtiments à compter du 1er janvier 2022, a appris Le Soleil.
Le CIUSSS est actuellement en processus de consultation quant à la politique sans fumée qu'il souhaite présenter pour se conformer à la Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, adoptée le 26 novembre 2015. Cette loi oblige les établissements de santé et de services sociaux à adopter une politique sans fumée au plus tard le 26 novembre 2017.
À l'heure actuelle, la loi interdit de fumer ou de vapoter dans les établissements de santé et à l'extérieur de ceux-ci dans un rayon de neuf mètres. Il est toutefois permis d'aménager un fumoir à l'intention des personnes hébergées (à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, en CHSLD ou en résidence intermédiaire, par exemple) en respectant des conditions précises d'installation et de fonctionnement.
Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on dénombre approximativement une cinquantaine de fumoirs dans les 203 installations de l'établissement. Environ 4 % des personnes hébergées dans les CHSLD du territoire de la Capitale-Nationale fument, selon une porte-parole du CIUSSS, Annie Ouellet.
Interdit dehors en 2022
L'établissement projette d'interdire complètement le tabac dans toutes ses installations d'ici le 1er avril 2020. Tous les usagers devraient dès lors se résoudre à aller en griller une à l'extérieur, dans un rayon de neuf mètres, avant de se voir complètement retirer ce droit le 1er janvier 2022, alors qu'il ne serait plus permis du tout de fumer sur les terrains des installations du CIUSSS.
«Il y a eu un projet-pilote dans les centres jeunesse L'Escale et le Gouvernail, où il est interdit de fumer tant à l'intérieur que sur les terrains des établissements, et le projet s'est conclu à la satisfaction de tout le monde, de sorte qu'il a été maintenu», indique en entrevue au Soleil le coordonnateur à la promotion de la santé et à la prévention au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Beauchemin.
D'autres établissements, comme l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal, ont adopté avec succès une politique «sans fumée», rappelle M. Beauchemin.
Pour le président démissionnaire du comité des résidents du centre d'hébergement Christ-Roi, Michel Cantin, cette politique sans fumée est «un bel exemple qui illustre à nouveau comment les gestionnaires sont déconnectés de la réalité».
«Vous voyez ça : des résidents obligés d'aller sur le trottoir en chaise roulante par des températures de -20 °C pour fumer? [...] Cela signifie aussi que l'on va forcer des résidents très âgés à qui il ne reste que très peu de temps à vivre à cesser de fumer ou à le faire en cachette, avec tous les risques que cela comporte. Au nom de les maintenir en santé?» s'indigne M. Cantin.
Conscient des «inquiétudes» qui pourraient être soulevées par la mise en place d'une politique sans fumée, Michel Beauchemin assure que celle-ci ne sera pas adoptée sans véritable consultation des personnes concernées.
«On rencontre tout le monde pour capter tous les points de vue et avoir d'ici le 26 novembre une politique à présenter [au ministère de la Santé]. On va voir au terme de la consultation si on la maintient ou si on la modifie. [...] Notre travail, c'est d'accompagner chacune des directions et de voir avec les comités des usagers, les médecins et les autres intervenants comment on peut opérer cette transition-là, qui doit être faite avec doigté et respect», souligne M. Beauchemin.