Puisque les revenus familiaux sont pris en compte lors de l'évaluation des paiements mensuels à verser en CHSLD, des couples mariés depuis 30, 40 et même 50 ans en arrivent à divorcer pour amoindrir leurs frais d'hébergement.

CHSLD: des divorces en blanc pour réduire les frais

Il y a les mariages en blanc pour bénéficier des prêts et bourses. À l'inverse, il y a des divorces en blanc pour réduire les frais en CHSLD.
Mercredi, en commission parlementaire sur les conditions de vie dans les CHSLD, les représentants du Réseau des Fédérations de l'âge d'or du Québec (FADOQ) se sont dits choqués que l'on recommande à des couples mariés depuis 30, 40 et même 50 ans de se séparer pour amoindrir la facture des coûts de logement et de repas dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée.
«Ces gens doivent être légalement divorcés pour pouvoir maintenir une qualité de vie décente pour les deux individus. Comme les revenus familiaux sont pris en compte lors de l'évaluation des paiements mensuels, le conjoint se voit forcer de contribuer lourdement au bien-être de son ou sa conjointe, parfois au détriment de sa propre qualité de vie. Il nous semble illogique d'en arriver là. Nous devons trouver des solutions adéquates à de telles situations», a affirmé le président du Réseau FADOQ, Maurice Dupont.
Il n'a pu dire toutefois quelle était l'ampleur des divorces en blanc. «Je connais deux couples qui l'ont fait. C'était un second mariage. À cause de la tarification. Ils se sont séparés, divorcés. À défaut, c'est l'appauvrissement qui les attendait», a-t-il dit au cours d'une entrevue.
Aucun député présent en commission parlementaire n'a interrogé les représentants du Réseau FADOQ sur les divorces en blanc dans les CHSLD.
Corriger les iniquités
Dans un rapport de 2012, le Vérificateur général du Québec avait proposé de revoir les modes de calcul des frais dans les centres d'hébergement et de corriger des iniquités. Jusqu'à maintenant, aucune nouvelle grille de tarification n'a été présentée. Ce sujet est particulièrement sensible à la veille supposée d'un déclenchement d'élections.
Par ailleurs, le Réseau FADOQ estime que les locaux de plusieurs centres ne sont pas adaptés aux personnes en besoin d'hébergement.
«Les CHSLD sont à l'heure actuelle des hôpitaux où l'on réside à long terme. Il faut absolument s'éloigner de cette réalité et rendre ces lieux agréables afin que les résidents s'y sentent chez eux, qu'ils n'aient pas l'impression de quitter l'hôpital pour le mouroir et que les parents et amis aient envie de visiter leurs proches», peut-on lire dans le mémoire de l'organisme.
Le Réseau FADOQ recommande d'ajouter des CHSLD pour répondre à la forte demande due à l'augmentation rapide du nombre de personnes âgées. Cette position est contraire à celle du gouvernement qui cherche à réduire le nombre de places dans les centres d'hébergement et à privilégier le développement des services de maintien à domicile avec l'assurance autonomie. Le Réseau FADOQ est toutefois d'accord avec la politique de développer les services de maintien à domicile.
D'autre part, l'organisme recommande que tous les CHSLD puissent offrir des soins palliatifs adaptés aux personnes âgées à l'avenir. «Actuellement, on ne peut pas faire ça en CHSLD. Les gens sont minutés pour faire leur travail. Ils vont en faire un peu, mais ce n'est pas vraiment des soins palliatifs», a affirmé le directeur général du Réseau FADOQ, Danis Prud'homme. On propose également que les préposés aux bénéficiaires reçoivent une formation en accompagnement de fin de vie.