La demande du député caquiste de Lévis, François Paradis, d'entendre différents experts, des médecins et des citoyens sur le projet estimé à 2,6 milliards $ est balayée du revers de la main par le ministre de la Santé.

CHSLD: des délais insoutenables, selon la CAQ

Quelque 3500 personnes âgées attendent actuellement une place en Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Certaines parfois depuis quatre ans, dénonce la Coalition avenir Québec (CAQ).
Le député François Paradis a déposé jeudi à l'Assemblée nationale une liasse de documents qui en témoigne, selon lui. Au CHSLD du Boisé, à Québec, l'attente est de 1400 jours; au CHSLD Vigi Pierrefonds, elle est de 945 jours; à l'Accueil du Rivage, en Montérégie, elle est de 592 jours. Les exemples s'étalent sur plusieurs pages.
Le ministère de la Santé et des Services sociaux ne possède pas de portrait exhaustif de l'attente pour obtenir une place en CHSLD. La CAQ a donc demandé à tous les établissements du réseau de la santé, en s'appuyant sur la Loi sur l'accès à l'information, de lui transmettre le délai requis pour qu'une personne âgée soit admise chez eux.
«On ne fait pas de politique; on parle de nos aînés», a fait valoir l'élu de Lévis. Puisqu'il manque de places en CHSLD pour les aînés, il en faut davantage, a-t-il déclaré.
Il suggère au ministère de la Santé et des Services sociaux de publier sur son site Web un portrait de la situation CHSLD par CHSLD. Et ce, «afin que les familles et les aînés qui cherchent une place soient informés et puissent effectuer un choix éclairé».
Pas de pénurie
Non, il ne manque pas de places en CHSLD. Le nombre de lits y est suffisant, a assuré le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. La situation décrite par François Paradis peut s'expliquer, selon lui. Demander une place en CHSLD «n'est pas comme réserver à l'hôtel», a-t-il d'abord exposé. «Les gens ne veulent pas nécessairement ça demain matin, mais veulent y accéder éventuellement.»
Les places en CHSLD doivent cependant être mieux utilisées, rappelle le ministre.
Il note par ailleurs les efforts consentis au fil des ans par les gouvernements pour développer des «ressources intermédiaires» et pour accroître les soins à domicile, des avenues qui doivent encore être poursuivies, a-t-il indiqué.