La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont des antipaludiques aussi utilisés pour réduire l’inflammation dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus.
La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont des antipaludiques aussi utilisés pour réduire l’inflammation dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus.

Chloroquine pour la COVID-19: des ordonnances «inappropriées et non indiquées»

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Le ministère de la Santé, le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens du Québec déplorent l’émission d’ordonnances de chloroquine ou d’hydroxychloroquine visant à traiter ou à prévenir la COVID-19 chez des patients ambulatoires.

Dans un communiqué diffusé en fin d’avant-midi, lundi, le Collège des médecins souligne qu’à la lumière de l’état de la situation au Québec et des données scientifiques actuellement disponibles, «ces ordonnances sont jugées inappropriées et non indiquées».

«Des efforts sont présentement déployés, d’une part, pour assurer le maintien de la thérapie des patients utilisant ces médicaments de façon chronique et, d’autre part, pour en constituer une réserve destinée aux patients hospitalisés», rappelle le Collège.

L’ordre professionnel enjoint donc aux médecins de cesser «dès maintenant» l’émission de telles ordonnances. «Quant aux pharmaciens, ils doivent les refuser à moins d’obtenir la confirmation que ces substances ont été prescrites pour un problème de santé chronique», ajoute-t-il.

La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont des antipaludiques aussi utilisés pour réduire l’inflammation dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus. 

Ces médicaments auraient donné des résultats dans le rétablissement de certains patients atteints de la COVID-19, mais d’autres études doivent être menées afin de déterminer leur efficacité réelle et leur sécurité.

Au Québec, le Dr Michel De Marchi a confirmé qu’il avait commencé à utiliser l’hydroxychloroquine pour le traitement de la COVID-19 à l’Hôpital général juif de Montréal.

Lundi, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a demandé à la population de ne pas succomber à la tentation d’utiliser des médicaments non testés pour traiter la COVID-19.

Elle a rappelé que la chloroquine n’est que l’un des nombreux médicaments existants qui sont actuellement testés pour soigner la COVID-19, et qu’elle ne devrait pas être utilisée avant que ces tests ne soient terminés. 

Ce médicament contre le paludisme (ou malaria) pourrait non seulement être inefficace contre le SRAS-CoV-2, mais il pourrait aussi être dangereux, car tous les médicaments comportent des effets secondaires, a-t-elle souligné.

Le Canada participe par ailleurs à une vaste étude internationale lancée par l’Organisation mondiale de la santé pour examiner l’utilisation de la chloroquine et d’autres traitements potentiels de la COVID-19.  Avec La Presse canadienne