C'est à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec que sont pratiquées le plus de chirurgies cardiaques au pays, soit près de 2500 annuellement.

Chirurgies cardiaques de qualité à Québec

Les patients qui subissent des chirurgies cardiaques à Québec sont entre bonnes mains, selon une récente étude pancanadienne. Le taux de décès suite à une opération impliquant un pontage et un remplacement de valve aortique est «significativement plus bas» à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec que dans pratiquement tous les autres hôpitaux au pays.

D’abord acheminé cet été aux 38 hôpitaux canadiens pratiquant des chirurgies cardiaques, le rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a discrètement été rendu public sur Internet durant l’automne. 

«C’est la première fois qu’il y a une évaluation nationale et que des résultats pour chaque hôpital sont dévoilés», explique le chef du service de chirurgie cardiaque de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, Dr François Dagenais.

Fait un peu méconnu, c’est au centre hospitalier de Sainte-Foy que sont pratiquées le plus de chirurgies cardiaques au pays, soit près de 2500 annuellement. Ce n’est toutefois pas le volume, mais la qualité des soins à Québec qui ressort du rapport de l’ICIS. 

Le rapport compare les hôpitaux canadiens en utilisant principalement le taux de décès dans les 30 jours suivant une chirurgie cardiaque. Les chiffres ont été compilés entre 2013 et 2016 et le taux est ajusté en fonction du risque des opérations pratiquées. Les deux chirurgies les plus communes sont un pontage aortocoronarien et un remplacement de la valve aortique. Or, lorsque ses deux procédures sont combinées à l’intérieur d’une même chirurgie, le taux de décès est plus faible à Québec que pratiquement partout ailleurs au pays. 

Dans son rapport, l’ICIS note en fait que deux services canadiens de cardiologie présentent des taux de décès «significativement plus bas» pour ce type d’opération : l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, à 1,5 %, et l’Hôpital général de Kelowna, en Colombie-Britannique, à un parfait 0 %. La moyenne canadienne est de 3,3 %. 

Sauf que Kelowna est un centre hospitalier plus régional, note Dr Dagenais. L’institut de Québec, à l’inverse, se voit transférer des patients particulièrement à risque des services de chirurgie cardiaque de Sherbrooke et Chicoutimi. C’est d’autant plus remarquable que le taux de décès soit aussi faible, croit le médecin. 

Lorsque les opérations de pontage et de remplacement de valve sont effectuées individuellement, le taux de décès à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec remonte plus près de la moyenne canadienne. N’empêche, estime Dr Dagenais, les chiffres sont excellents considérant les cas plus risqués traités par son service. 

«On savait déjà que nous avions très bonne réputation au Canada, mais je crois que c’est important que les gens de la région soient conscients de la qualité des soins.»

Moins reluisant à Sherbrooke

En combinant les résultats des sept hôpitaux de la province pratiquant la chirurgie cardiaque, le Québec se classe dans la moyenne des provinces canadiennes. 

Le rapport de l’ICIS révèle toutefois que le CHUS Fleurimont de Sherbrooke est dernier de liste au pays en ce qui a trait à la réussite des chirurgies combinant pontage aortocoronarien et remplacement de valve aortique. Le taux de mortalité ajusté au risque y est de 9,1 % dans les 30 jours suivant la chirurgie, soit 5,8 % de plus que la moyenne canadienne.