Le collectif de 36 médecins spécialistes de l'Hôpital de Saint-Georges de Beauce associe le dysfonctionnement de la centrale de rendez-vous à un problème de recrutement et de rétention de personnel.

«Chaos» à la centrale de rendez-vous de l'Hôpital de Saint-Georges

Des médecins spécialistes dénoncent le «fonctionnement chaotique» de la centrale de rendez-vous de l'Hôpital de Saint-Georges, en Beauce. Évoquant une situation «catastrophique», ils affirment que le service est incapable de respecter les délais appropriés, ce qui n'est pas sans porter préjudice à la prise en charge et au suivi des patients.
La situation a été rapportée la semaine dernière par le journal web EnBeauce.com, qui fait état d'une lettre envoyée au CISSS de Chaudière-Appalaches par 36 médecins spécialistes de l'hôpital. Le collectif associe le dysfonctionnement de la centrale de rendez-vous à un problème de recrutement et de rétention de personnel.
«On promet un recrutement qui ne vient pas, mais on paie des milliers de dollars en temps supplémentaire. On épuise le personnel en place, qui finit par aller voir ailleurs, faute d'écoute et de conditions de travail favorables. Il est urgent d'agir!» pressent les médecins.
Une première lettre dans laquelle trois médecins évoquaient une situation «catastrophique» avait été envoyée au CISSS en janvier. On y dénonçait plus particulièrement l'incapacité de la centrale de rendez-vous de respecter les délais appropriés, provoquant des «manques déontologiques graves en ce qui a trait aux non-respects des urgences». Parmi les problèmes observés: formulaires urgents envoyés aux mauvaises spécialités ou envoyés malgré l'absence de médecins et lacunes dans la formation du personnel.
Jointe par Le Soleil, l'une des signataires de la deuxième missive, l'interniste Meryem Karzazi, explique que le nouveau système CRDS (pour Centre de réception des demandes de services), mis sur pied cet automne par le ministre Gaétan Barrette dans le but de favoriser l'accès aux soins spécialisés dans des délais raisonnables, aurait aggravé la problématique d'épuisement du personnel à la centrale de rendez-vous. «La tâche du personnel s'est alourdie. Les effectifs n'ont pas suivi», déplore-t-elle.
La Dre Karzazi dénonce un manque d'organisation et des coups de fil passés à la dernière minute, soit à 24 ou 48 heures d'avis, pour offrir des rendez-vous aux patients, qui, souvent, ne sont pas en mesure de se présenter. Une situation qui pénalise notamment les personnes âgées, qui ont besoin de plus de temps pour trouver un transport ou un accompagnateur, en plus de provoquer des trous dans les horaires des médecins, expose la Dre Karzazi.
«Les médecins spécialistes s'efforcent de donner leurs disponibilités deux mois d'avance, mais les délais d'attente ne s'amélioreront pas si les patients sont appelés à la dernière minute et qu'ils ne peuvent pas venir», souligne-t-elle.
Le CISSS prend des mesures
Au CISSS de Chaudière-Appalaches, on assure que «le dossier de la centrale de rendez-vous à l'Hôpital de Saint-Georges fait l'objet de suivis internes depuis quelques semaines déjà» et qu'«une réorganisation est en cours».
«Nous avons rencontré la table clinico-administrative locale la semaine dernière pour leur faire part des récents développements. [...] Nous avons détaillé les actions mises de l'avant pour améliorer l'offre de rendez-vous», indique la porte-parole Mireille Gaudreau dans un courriel transmis au Soleil, précisant que les mesures déployées «visent à augmenter le délai entre l'offre de rendez-vous et le rendez-vous lui-même». «L'établissement a déjà pris des mesures pour assurer un nombre constant de personnes dédiées à l'offre de rendez-vous. Il assurera aussi une vigilance et suivra particulièrement les délais avec lesquels on offre les rendez-vous», ajoute-t-elle.
Mme Gaudreau assure que le CISSS est dans un virage qui permettra de maintenir l'offre de rendez-vous «à un niveau optimal» et que ce virage donnera «des résultats probants sous peu». À propos de la problématique du manque d'effectifs, la porte-parole du CISSS mentionne que la centrale de rendez-vous est «un secteur prioritaire pour les remplacements» et que quatre personnes ont été ajoutées aux huit autres déjà en poste.