«On est prêt à renégocier l'entente générale sur la rémunération tout en sachant que le gouvernement va demander un report ou un étalement des augmentations prévues cette année et l'an prochain», a indiqué, hier, au Soleil, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin

Centre médical Saint-Vallier: des incitatifs pour attirer des médecins

Forcer des médecins à pratiquer au Centre médical Saint-Vallier de Québec pour éviter sa fermeture n'est pas une solution. Des moyens incitatifs pour avoir des médecins doivent plutôt être mis de l'avant pour permettre à des milliers de résidents de la basse ville de conserver une clinique sans rendez-vous.
C'est ce qu'a soutenu le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, au cours d'un entretien avec Le Soleil.
«Le risque d'obliger un médecin de famille à y travailler est qu'il n'y sera pas longtemps. À la première occasion, il va s'en aller ailleurs. Ce qu'il faut trouver, ce sont des médecins qui vont être intéressés à travailler dans ce quartier, qui vont y trouver de l'intérêt, et qui vont choisir d'aller dans cette clinique plutôt que d'obliger un médecin de famille», a-t-il commenté.
D'autre part, le Dr Godin ne croit pas qu'il faut prévoir un nombre minimum de médecins par secteur de Québec dans la réglementation gouvernementale, comme le proposent les médecins de la clinique Saint-Vallier. Depuis plusieurs années, le nombre de postes de médecins est établi par région afin d'inciter les nouveaux médecins à pratiquer en région.
«Tout peut se faire, mais plus on vient précis, à un moment donné, on va en venir à des adresses civiques pour délimiter les territoires des médecins. On a voulu laisser une certaine liberté d'installation aux médecins et plus on va devenir précis dans l'endroit, plus ça va devenir très coercitif comme modalités d'installation», a-t-il dit.
«Il faut plutôt aller chercher de l'aide pour que la clinique ait plus de support, soit plus attractive. Ce sont beaucoup plus ces voies qu'il faut travailler que de dire que le prochain médecin qui sort va s'en aller obligatoirement à cet endroit», a-t-il ajouté.
Selon le président de la FMOQ, un des gros problèmes de la région de Québec est d'avoir très peu de jeunes médecins frais sortis de l'université - qu'on appelle les nouveaux facturants - et qui pourraient aller travailler dans des cliniques en manque de médecins. Pour les postes disponibles à Québec, la préséance est donnée aux médecins qui ont travaillé en région. Si un jeune médecin veut pratiquer à Québec, il peut voir sa rémunération réduite de 30 %.
Jeunes médecins?
Il y a toutefois une possibilité que de jeunes médecins puissent pratiquer dans une clinique à Québec sans perte de rémunération. En vertu de la dernière entente entre la FMOQ et le gouvernement, il s'agirait que le nouveau facturant puisse travailler au moins 12 heures par semaine dans une clinique auprès d'une clientèle vulnérable dont des personnes âgées, que l'on retrouve en bon nombre dans la basse ville. On appelle ce bloc de 12 heures des activités médicales particulières (AMP).
La semaine dernière, le président de l'Agence régionale de la santé, Guy Thibodeau, a évoqué cette possibilité en réponse à une question lors de la réunion du conseil d'administration de l'organisme afin de résoudre la crise latente à la clinique Saint-Vallier. «On identifie les endroits où on accorde des AMP et on en accorde en clinique réseau [sans rendez-vous]», a-t-il répondu.
M. Thibodeau a invité les responsables de la clinique à communiquer avec l'Agence afin de voir ce qui peut être fait pour trouver de nouveaux médecins. Il a toutefois rappelé qu'une clinique était une entreprise privée et que le recrutement était sa responsabilité. «On est très préoccupés nous aussi et on souhaite vivement qu'il n'y ait aucune interruption de services à la clinique Saint-Vallier, surtout au niveau du sans rendez-vous», a-t-il affirmé.