Les cibles de l'ambitieuse Politique gouvernementale de prévention en santé, qui devrait être rendue publique sous peu, sont multiples et précises. Québec visera autant la consommation de fruits et légumes, l'activité physique des enfants que l'offre de logements sociaux.

Cap sur de «saines habitudes de vie»

Accroître l'offre de «logements abordables, sociaux et communautaires» de 49 % d'ici 2025. Augmenter de 18 % le nombre d'aînés recevant des services de soutien à domicile d'ici là et atteindre «une consommation minimale de cinq fruits et légumes par jour chez plus de la moitié de la population».
Voilà quelques-unes des cibles officielles figurant dans la Politique gouvernementale de prévention en santé obtenue par Le Soleil. Elle devrait être rendue publique sous peu, selon nos informations.
Le document reconnaît que les objectifs retenus sont «ambitieux». La ministre porteuse du dossier, Lucie Charlebois, déléguée à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, n'a pas accordé d'entrevue. C'est elle qui, au nom du gouvernement, doit rendre publique la politique.
Les cibles sont multiples et précises. Elles supposeront une «mobilisation générale» du gouvernement, selon un interlocuteur. Citons d'autres objectifs poursuivis d'ici 2025 :
• Réduire de 10 % «l'écart de mortalité prématurée entre les personnes les plus défavorisées et les plus favorisées sur le plan socioéconomique»;
• Atteindre «un niveau élevé de bien-être émotionnel et psychosocial chez au moins 80 % de la population». Il serait de moins de 75 % actuellement, selon le document gouvernemental; 
• Faire grimper de 20 points de pourcentage «la proportion de jeunes âgés de 12 à 17 ans actifs durant leurs loisirs et leurs déplacements». Ils ne seraient que 44 % à l'être, d'après des études;
• Augmenter à 80 % «la proportion d'enfants qui commencent leur scolarité sans présenter de facteur de vulnérabilité» pour leur développement. Le chiffre actuel se situe à 74 %, selon des rapports d'enquête;
• Faire passer de 21 % à 10 % la proportion de fumeurs quotidiens et occasionnels;
• «Faire en sorte que 90 % des municipalités de 1000 habitants et plus adoptent des mesures afin d'aménager des communautés favorables à la sécurité et à la mobilité durable, aux saines habitudes de vie ainsi qu'à la qualité de vie de leurs résidents.» Elles seraient présentement 75 % à en adopter.
Le document ne fait pas état des moyens financiers qui devront être mis en oeuvre pour atteindre ces objectifs d'ici neuf ans; on comprend cependant en le lisant que ces objectifs supposent une implication de plusieurs ministères, dont ceux de la Famille, de la Solidarité sociale, du Transport et de l'Aménagement du territoire, ainsi que du réseau de la Santé et des Services sociaux.
Vaste programme
Dans un chapitre portant sur les «orientations», on fait état, sans toutefois fournir de détails, de la nécessité d'«élaborer et de mettre en oeuvre une politique de l'air» et de «réduire les effets nuisibles du bruit» afin de contribuer à l'amélioration de la santé des Québécois.
Afin d'améliorer les «conditions de vie», on dit vouloir «favoriser l'accès physique et économique à une saine alimentation, particulièrement dans les communautés défavorisées ou isolées». On dit vouloir «évaluer» la possibilité de «soutenir l'offre de repas et de collations de bonne valeur nutritive dans les écoles de milieux défavorisés».
Jusqu'ici toujours repoussée, l'instauration d'une taxe supplémentaire sur les boissons sucrées sera étudiée.
De façon plus générale, on dit vouloir «recenser les politiques sociales et fiscales [...] favorisant une meilleure redistribution de la richesse dans la société».
La Politique gouvernementale de prévention en santé ressemble à un vaste programme, voire au noyau d'un programme politique, selon certains. Chose certaine, dès sa présentation, elle aura valeur d'engagement pour le gouvernement.