La MRC de La Matanie compte deux chirurgiens, basés à l'Hôpital de Matane. Ils sont tous les deux en vacances entre le 19 décembre et le 3 janvier. Un chirurgien de dépannage devait prendre la relève, mais il s'est désisté le 14 décembre.

Barrette veut un chirurgien temporaire à l'Hôpital de Matane

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a donné une «directive claire» au Centre de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent afin de trouver un chirurgien de dépannage pour desservir l'Hôpital de Matane jusqu'au 3 janvier, précise Pascal Bérubé, député de Matapédia-Matane.
M. Bérubé a parlé au ministre Barrette en milieu de journée jeudi pour lui faire part de son inquiétude, à la suite de la décision du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent d'acheminer à Rimouski les transports ambulanciers de patients de la Matanie pouvant nécessiter de la chirurgie, entre le 19 décembre et le 3 janvier.
«Le ministre demande au CISSS du Bas-Saint-Laurent de continuer à chercher, même si c'est une période particulière, avec les Fêtes qui débutent. Le ministre devient répondant dans ce dossier», signale le député péquiste, qui a toutefois fait remarquer au ministre libéral que des modifications législatives s'imposent.
«La loi doit être changée. Selon la loi 10, on peut contraindre un spécialiste à pratiquer dans un rayon de 70 kilomètres de son lieu de résidence. Cette contrainte ne fonctionne pas au Bas-Saint-Laurent puisque 100 kilomètres séparent Rimouski de Matane, ou Rivière-du-Loup de Rimouski. Si le CISSS du Bas-Saint-Laurent est un seul établissement, il faut que Rimouski puisse venir dépanner à Matane», analyse Pascal Bérubé.
La MRC de La Matanie compte deux chirurgiens, basés à l'Hôpital de Matane. Ils sont tous les deux en vacances entre le 19 décembre et le 3 janvier. Un chirurgien de dépannage devait prendre la relève, mais il s'est désisté le 14 décembre.
«Anormal»
Pascal Bérubé trouve anormal que le CISSS n'ait pas avisé publiquement la population de la situation de découvert en chirurgie de l'Hôpital de Matane.
«Des proches auraient réalisé en se rendant à l'hôpital que le patient continue à Rimouski. Est-ce normal que ce soit les infirmières et moi qui informons la population?» demande le député, qui parle d'un double niveau de centralisation.
«Il n'y a jamais eu autant de pouvoir dans les mains d'un ministre et il n'y a jamais eu autant de soins concentrés à Rimouski», souligne M. Bérubé.
Tous les accouchements prévus d'ici le 3 janvier auront lieu à Rimouski, si les mères entrent en travail, au cas où une césarienne serait nécessaire. «Deux femmes m'ont écrit. Elles doivent accoucher dans la période de découvert et elles sont inquiètes», note le député, rappelant que c'est l'hiver.
Le directeur des services professionnels au CISSS du Bas-Saint-Laurent, Jean-­Christophe Carvalho, précise que la recherche de chirurgien dépanneur n'a pas cessé depuis le 14 décembre. «Des découvertures, il n'y en a pas juste au Bas-Saint-Laurent, il y en a ailleurs.» Il note en outre que tous les chirurgiens n'ont pas la formation pour effectuer des césariennes, ce qui réduit le bassin de remplaçants potentiels.
Quant à la décision du CISSS de ne pas informer le public du découvert, le docteur Carvalho l'explique par le fait que «c'est une minorité de patients qui aura besoin d'être vue en chirurgie générale [...] Ça touche peu de monde [...] À nous de gérer pour que l'impact soit moindre».
En ce qui a trait aux patients de l'est de la Matanie, qui se trouvent bien plus proches de l'Hôpital de Sainte-Anne-des-Monts que de celui de Rimouski, «ils pourraient être envoyés là [à Sainte-Anne-des-Monts] parce qu'il y a une garde en chirurgie, précise le Dr Carvalho, qui souligne toutefois qu'en traumatologie, l'Hôpital de Rimouski constitue la destination. «En cas d'infarctus ou d'anévrisme, les transferts vont vers Québec», ajoute-t-il.