Les omnipraticiens négocieront avec un comité plutôt qu’avec Gaétan Barrette.

Barrette tassé aussi des négos avec les omnipraticiens

À l’instar de leurs confrères spécialistes, les médecins de famille négocieront l’application des lois 20 et 130 non plus avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, mais avec le comité formé en décembre par le premier ministre Philippe Couillard.

Lorsque la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a appris que le ministre Barrette venait de se voir retirer les négociations entourant l’application des lois 20 et 130 avec les spécialistes, elle n’a fait ni une ni deux et a écrit une lettre au premier ministre lui réclamant d’accorder «le même traitement» à ses membres.

Le 20 décembre, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a annoncé que Philippe Couillard avait décidé de confier au négociateur en chef du gouvernement, Maurice Charlebois, à la secrétaire associée du Conseil du Trésor, Édith Lapointe, et au secrétaire général sortant du Conseil exécutif, le Dr Roberto Iglesias, non seulement les négociations sur l’entente de rémunération et les conditions de pratique des spécialistes, mais aussi le dossier des lois 20 et 130. 

La présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francoeur, s’apprêtait à annoncer le dépôt d’une poursuite pour faire déclarer inopérantes certaines dispositions de la loi 130, qui impose de nouvelles obligations aux spécialistes pour conserver leurs privilèges de pratique en hôpital, lorsqu’elle aurait reçu un appel du premier ministre l’informant de sa décision, a relaté la Dre Francoeur en conférence de presse.

Dans sa lettre envoyée à Philippe Couillard au lendemain de cette annonce, le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, rappelle que sa fédération avait elle aussi transmis une «mise en garde juridique» au ministre Barrette et au sous-ministre Michel A. Bureau concernant les «potentielles violations contenues dans les lois 20 et 130 sur le droit des médecins omnipraticiens à la négociation des conditions d’exercice de leur profession». 

Engagements verbaux et écrits

Le Dr Godin rapporte également que lors des nombreuses discussions entre Québec et la FMOQ ayant mené au renouvellement, en juillet, de l’entente sur la rémunération et les conditions de pratique des médecins de famille, l’équipe de négociation du gouvernement aurait mentionné aux représentants de la Fédération que «toute modification qui pourrait être concédée favorablement aux médecins spécialistes serait accordée également à nos membres sur la base du principe de l’équité».

«Le ministre de la Santé […] a d’ailleurs confirmé par écrit cet engagement dans une lettre datée du 22 septembre dernier. De plus, le ministre de la Santé […] nous a récemment confirmé à plusieurs reprises, verbalement, qu’il n’entendait pas mettre en application la loi 20 considérant les efforts soutenus des médecins omnipraticiens dans l’atteinte des cibles», écrit encore le président de la FMOQ dans sa missive adressée au premier ministre.

«Considérant l’impact important des lois en cause sur les conditions d’exercice de la profession de nos membres ainsi que sur l’engagement convenu, nous vous demandons expressément de nous accorder le même traitement que celui offert aux spécialistes», réclame le Dr Godin.

Dans un message daté du 12 janvier adressé aux membres de la FMOQ, le Dr Louis Godin affirme avoir obtenu une réponse rapide de Maurice Charlebois, qui lui aurait confirmé que «le même cadre de discussion et de négociation serait mis en place avec les médecins omnipraticiens». 

«Dans les semaines à venir, nous amorcerons donc, sûrement dans un contexte beaucoup plus serein d’ailleurs, des discussions avec ce nouveau comité de négociation», conclut le Dr Godin.