Barrette piqué au vif par le gazouillis d'une députée fédérale

Un gazouillis de la députée fédérale de Brossard-Saint-Lambert critiquant le débordement des urgences des hôpitaux de la Montérégie a piqué au vif le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lundi soir.
«Édifiant, @drgbarrette! Et un service de triage absolument inacceptable...» a écrit Alexandra Mendès en joignant à son gazouillis un tableau dépeignant la situation dans les huit hôpitaux de la Montérégie, qui débordent de 117% à... 232%. 
Le ministre Barrette n'a pas tardé à réagir. «Après le silence des députés libéraux fédéraux sur les TCS [transferts canadiens en santé], voilà que @JustinTrudeau envoie @AlexandraBrStL critiquer QC en santé. Cheap», a notamment écrit le Dr Barrette.
Selon lui, ce que la députée Mendès fait porte un nom : du «Québec bashing». 
En marge d'une conférence de presse, mardi, le ministre Barrette en a remis, affirmant que le gazouillis de Mme Mendès était «complètement inapproprié». 
«Quand on est une députée dans un gouvernement fédéral, il me semble qu'on devrait se garder de faire ce genre de commentaires, se réserver de critiquer un système de santé qui est géré par les provinces, surtout quand on fait partie d'un gouvernement qui réduit ses transferts en santé», a lancé le ministre Barrette.
D'autant que le fédéral n'a de leçons à donner à personne, lui qui présente «une piètre performance dans la petite quantité de services qu'il délivre» aux populations autochtones, a décoché le ministre de la Santé.
La députée Alexandre Mendès a soulevé l'ire du ministre de la Santé Gaétan Barrette avec un gazouillis critiquant le débordement dans les urgences.
À titre de citoyenne
Au bout du fil, la députée Alexandra Mendez a convenu qu'elle n'aurait peut-être pas dû passer par Twitter et ses 140 caractères limitatifs pour critiquer le système de santé québécois. Elle dit l'avoir fait à titre de «citoyenne» et non à titre d'élue fédérale. «C'est lui (le ministre Barrette) qui a rendu ça politique alors que ça ne l'était pas. J'ai le droit de critiquer les services de santé comme n'importe quelle citoyenne», a-t-elle fait valoir.
Le problème de triage qu'elle a voulu exposer concernait la situation d'un enfant de deux ans qui attendait depuis plus de huit heures à l'urgence de l'hôpital Charles Lemoyne. «Si sa situation n'était pas une priorité, pourquoi ne pas l'avoir envoyé dans un CLSC ou une clinique? C'est une aberration! (...) On ouvre une super-clinique à côté pour désengorger les urgences, mais c'est sur rendez-vous. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas», estime Mme Mendès.